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A la Une

Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!

Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:

leterrierdechiffonnette@
gmail.com


Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!


Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel
  
du Club des théières!!
   

 

En cours et à venir

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Lundi 28 avril 2008




Un jour de trop dans le monde sans pitié de la grande cuisine et Gaspard Coimbra, trois étoiles, le titre de meilleur chef du monde dans la poche plaque tout pour se retrouver en bout de course au cœur de la garrigue provençale. Une occasion de recommencer à vivre, et de rencontrer, enfin, le grand amour.

 

Etoile est une jolie nouvelle. On suit avec attention la trajectoire de cet homme qui a perdu le sens de sa vie et de sa cuisine en trouvant la gloire, en épousant une femme riche et splendide et en cuisinant pour les plus grands et les plus riches. On le regarde sombrer avec inquiétude, et remonter la pente avec plaisir. Avec un plaisir d’autant plus grand et gourmand qu’en réapprenant à vivre, Gaspard retrouve le bonheur de cuisiner ! Dans la lumière et les odeurs foisonnantes de la Provence commence alors un ballet étourdissant de fruits, de légumes, d’herbes aromatiques et d’ingrédient sublimés en toute simplicité par un homme amoureux. Alors bien sûr, il y a les clichés de la chute et du renouveau au cœur de la nature, du coup de foudre, de l’huile d’olive et de la lavande. Mais ça se lit sans faim, comme on grignote une gourmandise, en terminant par le joli carnet d’aquarelle à la fin.

 

Merci à Stéphanie pour ce prêt !

 

 

Simonetta Greggio, Etoiles, Flammarion, 2006, 143 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures d'Europe de l'ouest
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Samedi 26 avril 2008




L’hiver frappe à la porte, et cette chère Marie doit vite, vite, préparer la maisonnée aux longs mois de froid et de vent. Pendant qu’elle s’active, son mari lui serine des ordres. Jusqu’au moment où…

 

J’aime ces albums sur le mode de la ritournelle ! Je marche comme un petit, entraînée par le rythme des mots et des images et surprises par une chute que je salue en général d’un éclat de rire ! Vite, vite chère Marie n’a pas fait exception à la règle !

Sur chaque page de l’album, le lecteur va suivre Marie dans toutes ses activités : cueillir les pommes, faire les cornichons, couper les bûchettes, arracher les navets, écosser les petits pois, touiller la mélasse, faire cailler le fromage, battre le beurre, fumer les jambons… Avec cette énumération, vous vous doutez bien que Marie n’est pas une cinquantenaire urbaine ! Non, Marie vit dans une ferme, à une époque que l’on situe à la fin des années cinquante sans doute ! Et comme toute fermière, elle travaille dure. On la suit à l’extérieur de sa maison et dans toutes les pièces de sa maison ! On découvre d’illustrations en illustrations une multitude de jolis détails ! Et on sent le vent, le froid qui arrive, le silence ouaté, troublé par le cri des oies qui migrent et les activités de Marie !

Surtout, on entend cette voix masculine qui ordonne à une Marie de plus en plus échevelée de faire-ci et faire ça ! Et on trouve qu’elle a une patience d’ange cette Marie ! On se demande à quel moment elle va se révolter contre cette petite voix qu’on imagine aisément aigrelette !

Une chose est certaine, la chute est très drôle !

Un bel album qui montre que l’on n’est pas obligé d’obéir toujours et qui permet de réfléchir sur ce qu’est le couple et sur le statut de la femme !

 

N. M. Bodecker, E. Blegvad, Vite, vite, chère Marie!, Autrement jeunesse, 2000.

par Chiffonnette publié dans : Albums et autres plaisirs
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Mardi 22 avril 2008




Modesta naît le premier janvier 1900 dans un petit village de Sicile. Enfant d’une mère pauvre, seule et frustre, rien ne la destine à devenir une princesse. Ni la femme instruite, libre, indépendante et farouche qui va peu à peu s’affirmer.

 

A lire ce court résumé, on aurait presque l’impression de se trouver devant un conte de fée. Ou comment la jeune fille méritante rencontre le prince charmant qui l’arrache à sa pauvre masure. Mais Modesta n’est certainement pas une jeune fille méritante. Ou plutôt une jeune fille soumise à son destin, docile et attendant un époux pour quitter un état de dépendance pour un autre. C’est un personnage riche, dense, qui va traverser les pires années de 20e siècle avec une force de vie profonde.

 

Dès son enfance, son adolescence, Modesta affirme un caractère hors du commun, seul capable de lui permettre de résister au pire. Car dès le départ le pire lui est promis malgré son intelligence vive, sa sensualité déjà vivante : fille d’une pauvresse et de père inconnu, sœur d’une trisomique quand cela est encore considéré comme une punition de Dieu. Comment s’étonner dès lors qu’elle ne recule devant rien pour gagner sa liberté ?

C’est cette liberté qui est finalement le thème et le personnage principal de ce roman fleuve de 800 p. La conquête quotidienne de la liberté contre les autres, et surtout contre soi.

« En un éclair, je compris ce qu’était ce qu’on appelle le destin : une volonté inconsciente de poursuivre ce que pendant des années on nous a insinué, imposé, répété être le seul juste chemin à suivre. »

Pour elle, ce destin aurait du être celui d’une femme pauvre, d’une épouse soumise, d’une mère forcément aimante, ou d’une religieuse. Tout ce vers quoi la renvoyaient les hommes, certes, mais surtout les femmes, le rempart le plus sûr du conformisme social, les bourreaux les plus convaincus de leurs propres soeurs.

 

Ce n’est pas le seul conformisme, contre lequel se bat Modesta. On peut dire de ce personnage qu’il est la quintessence des convictions de Goliarda Sapienza : petite-fille de syndicalistes, née d’un père chef de fil du socialisme sicilien et d’une mère première femme à diriger la Chambre du travail de Turin.

Autour de Modesta/Liberté gravitent une galerie de personnages qui représentent tous un état de la société, ou un idéal. De Tuzzu le paysan à Carlo le médecin communiste en passant par Nina l’anarchiste et Joyce l’intellectuelle, on voit se dessiner en filigrane du récit des modes de vie opposés, des idéaux et des idéologies que la jeune femme va apprendre à connaître, accepter ou fuir, en tout cas toujours critiquer avec une lucidité parfois douloureuse.

« Mais l’amour n’est pas absolu et pas davantage éternel, et il n’y a pas seulement de l’amour entre un homme et une femme, éventuellement consacré. On peut aimer un homme, une femme, un arbre, et peut-être même un âne, comme le dit Shakespeare. Le mal réside dans les mots que la tradition a voulu absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le Mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient. Ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie las plantes, les animaux… Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations des siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m’en servir, ceux que l’usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris, comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation. »

Telle va être la règle que Modesta va appliquer tout au long de sa longue vie, quelque soit le prix à payer pour cela.

« Ne jamais refuser de voir les côtés désagréables de la vie ; quand on ne la connaît pas, la réalité leur fait prendre des proportions gigantesques dans l’imagination, les transformant en cauchemars incontrôlables. »

A travers ce personnage hors du commun, Goliarda Sapienza aborde bien des thèmes peu usités dont le moindre n’est pas la sexualité féminine. Dès son enfance, Modesta est ce démon que combat l’Eglise, cette hystérique traitée par la psychanalyse des débuts. Une femme profondément sensuelle, qui apprend à être à l’écoute de son corps et de ses désirs, que ces désirs la portent vers un homme ou une femme. Goliarda Sapienza analyse ces désirs, analyse la sexualité et la culpabilité dont elle a été empreinte et livre à ses lecteurs des lignes d’une pertinence qui laisse rêveur.

« La vérité, c’est que quand tu trouves la femme ou l’homme qu’il te faut, alors il faut absolument arriver à s’entendre. Le corps est un instrument délicat, plus qu’une guitare, et plu tu l’étudies et plus tu l’accordes à l’autre, plus le son devient parfait et fort le plaisir. »

Une pertinence que l’on retrouve quand elle aborde des thèmes comme l’éducation des enfants, la politique, la religion, l’économie même. Une pertinence qu’elle acquiert sans doute en portant le même regard sur tout ses personnages, quelques soient leurs choix et leur sexe. Et en faisant de Modesta un personnage qui réfléchit. Important quand on y pense non ? Cette femme ne se contente pas d’accepter comme parole d’évangile ce qu’on lui dit, ce qu’elle lit. Elle l’analyse au regard de ses propres aspirations, et n’utilise que ce qui lui est utile, refusant toute aliénation et surtout, celle de la pensée et des idéaux. Il lui arrive de se tromper bien sûr, d’adhérer puis de quitter, mais ce n’est finalement qu’une manière de construire un système de pensée cohérent, son système de pensée. Un art de vivre précieux, je dirais même un objectif à atteindre.

 

Après ce long bavardage sur le fond du roman quid de la forme ? Non, je vais tout de même essayer de l’aborder, même brièvement !

L’art de la joie et un roman fleuve, dense, débordant de vie, mais parfois confus. La faute à l’usage de la langue que fait Goliarda Sapienza sans doute. Elle n’hésite pas à mêler langue classique et dialectes siciliens ou romains, langage médical et populaire ! Et surtout, elle heurte les temporalités : de longues pages sur un court instant, de longues périodes décrites en quelques lignes. Un moyen de rendre la psyché de Modesta sans doute, mais qui rend de temps en temps difficile la compréhension du récit. J’ai d’ailleurs eu du mal à rentrer dans cette lecture, au point d’avoir manqué de refermer le roman au bout de quelques pages. Je suis heureuse d’avoir persisté. Modesta n’est pas un personnage que l’on oublie facilement. Et elle donne une formidable leçon de vie.

 

 « Le soleil levant m’envahit le cerveau, serein, comme libéré d’un poids d’angoisse qui depuis des mois et des mois me faisait tressaillir à la moindre ombre, au moindre bruit, et un calme jamais éprouvé m’envahit. J’ai envie de sortir, de courir dans ce soleil joyeux qui répète : tu es libre. Douceur de ne plus attendre, de ne plus dépendre d’une autre volonté. Personne ne m’enlèvera plus cette douceur, Mattia. »

 

« Je n’ai pas tremblé comme je le craignais, et maintenant je sais la raison de ma sérénité devant Pietro mort, devant la maladie de Prando. Ce n’est pas de l’indifférence, un émoussement des sens dû aux années comme je l’avais soupçonné. C’est la pleine possession de mes émotions et la connaissance suprême de chaque instant précieux que la vie nous offre en prime si on a fermeté et courage. »

 

 

 

L’avis de Sylvie qui donne en prime un grand nombre de liens !

 

 

 livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

par Chiffonnette publié dans : Littératures d'Europe de l'ouest
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Lundi 21 avril 2008

En voyant au cinéma Rocky 3, Lise décide soudainement de changer de vie. Pour commencer, elle va reprendre ses études de médecine, quitter son compagnon et construire une vie amoureuse et familiale. Toujours en s’inspirant des films de Stallone qu’elle ne manque jamais d’aller voir. Quitte à ne pas les voir en entier, ou à ne faire que payer sa place, faute d’avoir le temps d’aller les voir.

Mais petit à petit, le soutien ne devient-il pas plutôt obsession ?

 

En quelques pages, Emanuele Bernheim raconte toute une vie à travers la filmographie de Stallone. Et ça fonctionne. En ce qui me concerne, ce n’est sans nul doute pas un roman qui restera dans les annales, mais la lecture en est agréable et plutôt intéressante. Car l’histoire de Lise montre qu’il suffit d’un rien pour qu’une vie bascule, dans quelque sens que ce soit.

Elle montre aussi que nous avons tous besoin de béquilles pour avancer. Et que nous avons tous les béquilles que nous pouvons ! Le tout servi par un style qui va à l’essentiel.

Une curiosité qui donnerait presque envie de revoir quelques petits films stalloniens!

Emanuele Bernheim, Stallone, Gallimard, 2000, 52 p.

 

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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Mercredi 16 avril 2008

 

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les albums !! Ou presque !

 

Chercheur, formatrice et conférencière spécialisée en littérature jeunesse, Sophie Van Der Linden offre avec Lire l’album un petit moment de bonheur et d’érudition ! Je connaissais le genre professionnellement et assez superficiellement il faut le dire ! Je suis ressortie de cette lecture avec des clés de compréhension et l’envie d’aller voir au détour du chemin ce qui peut se cacher dans ces jolis livres colorés.

Tout commence avec trois brigands qui vous guettent, cachés sur la couverture. Tous se continue avec mille et un morceaux d’histoire de l’album jeunesse. Et tout se poursuit avec mille et unes pistes, illustrations, interviews, analyses qui permettent d’appréhender l’infinie richesse de ces petits livres que nous lisons parfois sans guère réfléchir aux petiots. Et foin des regards méprisants sur ce qui est art et littérature, n’en déplaise aux esprits chagrins ! De pages en pages, on découvre les auteurs novateurs, les maisons d’éditions, des définitions de l’album, des typologies, des études des rapports entre le texte et l’image. Le tout richement illustré par des extraits d’album !! Un moyen pratique et ludique d’apprendre à lire l’album et de découvrir ou redécouvrir des albums classiques et moins classiques, choisis avec un bon goût sans guère de failles.

 

Vous ferais-je un petit cours sur l’album ? Peut-être après tout, puisque ce post inaugure une nouvelle rubrique consacrée aux albums pour les petits (et les grands qui savent ne pas bouder leur plaisir) !!

 

Qu’est-ce donc qu’un album… Ce n’est pas un texte illustré, ce n’est pas une première lecture, ce n’est pas une bande dessinée non. Pas plus un livre animé ou un livre objet. Ce n’est pas non plus un livre d’activité ! Encore moins un imagier. Non, non ! L’album est bel et bien un OLI (objet livresque identifié) : il doit être lu à ceux qui ne savent pas lire, et aussi à ceux qui parfois savent lire mais qui aiment qu’on leur raconte des histoires (valable à tout âge, j’aime beaucoup qu’on me raconte des histoires !) Et pour rendre les choses plus agréables pour tout le monde, et bien, l’image s’accompagne de texte (ou pas), chacun apportant son petit grain de sable au château de l’histoire !

Et tout cela nécessite un sacré boulot, vous vous en doutez bien !! Car tout se réfléchit dans un album !! Les illustrations, certes, mais le texte aussi, leur rapport. Met-on un cadre ? L’illustration va-t-elle s’étaler sur une ou deux pages ? Le texte va-t-il trouver sa place au-dessus, au-dessous de l’image ? Dedans quitte à s’y perdre puis à s’y retrouver ? Et quelle technique d’illustration ? Dessin au crayon gris ? Au crayon de couleur ? A la gouache ? A l’aquarelle ? Quel format ? Quelle typographie ? Et chaque auteur et illustrateur y va de son style de son école !

Sophie Van Der Linden explique, montre, démontre, illustre tout cela, et offre un que je n’hésite pas à affirmer comme essentiel et enthousiasmant !

 

Un indispensable quoi!

 

Et je pense que le blog de l’auteur va le devenir aussi !! Allez donc jeter un œil par


Sophie Van Der Linden, Lire l’album, L’atelier du poisson soluble, 2006.

 

 

par Chiffonnette publié dans : Albums et autres plaisirs
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