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A la Une

Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!

Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:

leterrierdechiffonnette@
gmail.com


Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!


Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel
  
du Club des théières!!
   

 

En cours et à venir

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Jeudi 20 mars 2008
 
 
A l’âge de 12 ans, Tomoko va faire un séjour d’une année chez son oncle et sa tante. Là, l’adolescente va découvrir un monde bien différent de ce qu’elle connaît. Une belle maison dans la montagne, une grand-mère allemande, un oncle d’une grande beauté, une tante qui boit en cachette, Mina sa cousine asthmatique qui collectionne les boites d’allumettes, et Pochiko l’hippopotame nain.
 
Avec La marche de Mina, Yoko Ogawa poursuit dans la veine de La formule préférée du professeur. C’est donc un roman plus tendre plus doux que ce à quoi elle a habitué son lectorat ! En fait, pour être franche, c’est une petite merveille. 
Dans une langue toujours aussi sobre et maîtrisée, légère, Yoka Ogawa instille dans le quotidien de Tomoko une dose de fantastique et d’imaginaire qui est d’autant plus déstabilisante qu’elle est… ordinaire. Bizarre ? Oui, sans doute !  Ce fantastique, n’est pas la confrontation à des phénomènes étranges. Il est la découverte d’un mode de vie, d’une richesse matérielle et intellectuelle, d’une différence que la jeune adolescente ne soupçonnait pas : « La surprise lorsque j’y étais entrée pour la première fois amenée par mon oncle était toujours là. Je n’étais pas habituée au lustre qui pendait du plafond, à l’escalier dont la courbe se perdait dans les hauteurs ni au vitrail incrusté dans la porte du salon. Mon cœur était ébranlé chaque fois que je me tenais là. »
Et cette différence est ce qui lui permet d’épanouir pleinement sa capacité à s’émerveiller et à s’étonner.
Avec sa cousine Mina, Tomoko va découvrir que des boîtes d’allumettes peuvent contenir des mondes, et que les livres peuvent apporter un profond bonheur.
« De l’autre côté des pages, se dissimulait un monde inconnu, et le livre retourné en constituait la porte d’entrée, si bien qu’elle ne pouvait pas le manipulé à tort et à travers. […] Plus que n’importe quelle s précieuses sculptures ou poteries, dans la maison d’Ashiya les livres étaient considérés comme importants. »
Ce n’est pas tant Tomoko qui lit que sa cousine Mina qui y trouve un moyen de s’évader de son asthme, de découvrir le monde, d’apprendre.
« Bientôt, Mina entrait dans la pièce. Lèvres serrées, sans ciller, elle parcourait du regard le dos des livres. […] Sans se soucier de son chemisier qui sortait de sa jupe, elle s’étirait au maximum, tirait sur le livre qu’elle cherchait à atteindre, le serrait dans ses bras si fins. Allongée sur le sofa, un coussin sur la poitrine, elle ouvrait son livre et partait pour un lointain voyage. »
En la regardant et en allant à la bibliothèque chercher des livres pour elle, Tomoko apprend que les livres sont un univers qui amène au partage, à la discussion, à l’ouverture à l’autre.
Elle apprend aussi cela en regardant vivre la grand-mère Rosa toujours allemande après une vie passée au Japon, elle l’apprend en se passionnant pour les jeux olympiques de Munich et le volly-ball, en fêtant Noël à l’européenne, en découvrant l’histoire du jardin zoologique qu’abritant le jardin de la maison et dont l’hippopotame nain sur le dos duquel Mina va à l’école est issu.
Ce qu’elle apprend aussi, c’est que le monde des adultes n’est pas aussi simple qu’il ne paraît. Petit à petit, sous le vernis de bonheur, de compréhension, d’amour, apparaissent les failles. Un oncle qui disparaît des jours durant. Un cousin qui déteste son père. Une tante qui boit et fume, traque les coquilles typographiques faute d’une vie de couple qui la comble, les crises d’asthme de Mina comme autant de crises d’angoisse.
C’est ainsi qu’elle va quitter doucement l’enfance. En s’ouvrant à l’altérité et en appréhendant ce que dissimulent les regards, les silences des « grandes personnes ».
La richesse de ce roman, c’est de superposer un grand nombre de niveaux et de modes de lecture. Il y a la chronique d’une vie familiale pleine de bonheur, la chronique des difficultés d’une relation de couple et de famille, la chronique d’une vie en pays étranger, la chronique de l’adolescence. Avec une tendresse et une faculté d’émerveillement entiers : Tomoko devenue adulte garde pour cette période de sa vie un attachement plein de douceur, de mélancolie aussi.
 
C’est un beau roman qu’offre là Yoko Ogawa.
 
Et pour terminer avec une petite touche de gourmandise : « […] la cuisine de madame Yoneda était chaleureuse. Même les fines nouilles de blé flottant dans l’eau glacée qu’elle nous préparait au cours des vacances d’été nous faisaient ressentir la chaleur de son cœur.
J’aimais encore plus quand je pouvais cuisiner avec elle. A Okayama, je préparais parfois le dîner à la place de ma mère, mais ce n’était qu’une aide un peu ennuyeuse. Car la même préparation culinaire, dès lors que madame Yoneda s’en occupait devenait une approche de la beauté et une expression de la sagesse. »
 
L’amour, l’attachement, la tendresse dans une bol de nouilles… Et tout est dit.
 

Yoko Ogawa, La marche de Mina, Actes Sud, 2008, 317 p.
par Chiffonnette
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Mercredi 19 mars 2008

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par Chiffonnette publié dans : Contemplation
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Mardi 18 mars 2008

Puisque taguée je suis par la douce et gentille (c'est pas moi qui le dit) Erzébeth, je vais donc répondre à cette joyeuse chaine qui parcourt la blogoboule! J'ai pourtant cru pouvoir y échapper dans un moment de ol et illusoire espoir! M'enfin comme dirait l'autre... Allons-y gaiement! Et austéniennement thématiquement!


1. Le trait principal de mon caractère : telle une Elinor matinée par moment de Fanny, je me montre d'une trop grande gentillesse. La vie active m'a aidée à descendre du pays des Bisounours, mais la rechute n'est jamais loin! Sans doute parce que j'ai une sainte horreur du conflit. Sauf avec mes soeurs. Mais c'est normal, elles ne sont pas des êtres humains, elles sont mes soeurs!

2. La qualité que je désire chez les hommes : la gentillesse et la volonté comme certain Fitzwilliam... Et de porter avec autant de classe la chemise mouillée!

3. La qualité que je préfère chez les femmes : la passion à vivre de Marianne et l"humour d'Elisabeth! Ce serait chez moi ça me fatiguerait (ais-je déjà révélé qu'il m'arrive de voir pousser une chose bizarre au creux de ma main? Genre baobab?), mais chez les autres... 

4. Mon principal défaut : je peux difficilement me comparer à cette chère Madame Bennett dont l'unique angoisse est de marier ses filles, mais il se trouve que je suis une grande angoissée! Et que cela peut parfois être difficile à vivre pour moi comme pour mon entourage!

5. Ma principale qualité : la gentillesse? A moins que ce ne soit un horrible défaut!

6. Mon occupation préférée : oserais-je le révéler? 

7. Un plat qui me met l'eau à la bouche : je ne me souviens pas de plats chez Jane Austen qui m'aient fait saliver, mais allez donc faire un tour du côté de la cuisine du terrier, vous comprendrez!

8. Mes mots favoris :  bibliothèque, livre, lecture, manger, cuisiner, bonheur, beauté...

9. Ce que je déteste par dessus tout : la mauvaise foi même s'il m'arrive d'y avoir recours! Et les exemples sont nombreux chez cette vieille Jane!

10. Un rêve : connaître le destin d'Elisabeth... Mais en gardant mon travail, non mais! 

Je ne pense pas que grand monde ait échappé à la déferlante! Je passe donc la main à qui veut!

par Chiffonnette publié dans : Contemplation
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Mardi 18 mars 2008

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Parcourant du regard les catégories, je me suis soudainement rendu compte qu’il y avait une sacrément belle lurette que je n’avais pas papoter autour d’une autre des mes activités : hanter les salles obscures !
Et je reviens avec une solide déception. Encore que, y étant allée peu convaincue, peut-on réellement parler de déception…
 
Un tueur en série ensanglante Marseille. Louis Schneider, flic au SRPJ, mène l'enquête malgré l'alcool et les fantômes de son passé.
 
MR73, dernier film d’Olivier Marchal avec Daniel Auteuil est un cumulé de clichés comme j’en ai rarement vu au cinéma. Car si les blockbusters les cumulent, les clichés, c’est souvent en connaissance de cause, et pas avec un sérieux confondant comme dans le cas qui nous occupe. Commissariats crasseux, flics alcooliques, violents et corrompus, belles bagnoles, criminels aux têtes de criminels, rien n’est épargné. J’oubliais, Daniel Auteuil, tout alcoolique qu’il soit trouve plus perdu que lui : il se console en recueillant l’ensemble des animaux abandonnés de Marseille. En regard de la décrépitude des lieux et des hommes, le fait que tous circulent dans de magnifiques voitures de service, que le commandant de la criminelle habite dans une magnifique villa avec piscine surplombant la mer semble pour le moins invraisemblable. Et je ne cite là que ce dont je parviens à me souvenir !
Le scénario, apparemment tiré de faits réels est bourré d’ellipses, de raccourcis, de lieux communs et de flash-backs. Rien qui permette de suivre correctement l’histoire si tant est qu’il y en ait une ! Au générique de fin, le rapport entre les différents récits qui s’entrecroisent est toujours un mystère digne de l’Atlantide.
Le tout est d’autant plus sordide que les giclées de sangs sont exagérées, les corps filmés sous les angles les plus scabreux et le symbolisme hasardeux. Opposition naissance-mort, Christ en croix éclaboussé de sang quand le « héros » se fait justice, dialogues tellement profonds que le dernier des people parviendrait sans peine à faire mieux, rien n’est oublié !
Quand à la photo, elle accentue l’impression de décor en papier mâché : crépuscules crépusculaires, nuits trop profondes pour être vraies, ciels orageux hallucinants S’y ajoutent des envolées instrumentales qui visent sans doute à faire comprendre au malheureux perdu là que le moment est particulièrement important !
Reste heureusement quelques moments de franche rigolade, comme le moment où nos deux héros en manteaux de cuir à la Néo et armés de fusils à pompes sont matés par un méchant qui fait d’un seau un objet contondant des plus efficaces !
 
Bref, 2h20 d’ennui entrecoupé de quelques éclats et la sensation pesante d’avoir été prise pour une imbécile !
par Chiffonnette publié dans : Entoilée, étoilée
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Lundi 17 mars 2008

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La campagne irlandaise. Une carte postale dans laquelle Mary est régulièrement violée par son père. A 14 ans elle est enceinte. Et bascule dans un autre cauchemar quand son village puis l’Irlande apprennent sa tentative d’aller avorter en Angleterre.
 
Ce roman est inspiré d’un fait divers qui a agité l’Irlande dans les années 1980. Ceci dit, l’avortement est un sujet encore et toujours d’actualité en Irlande comme ailleurs.
Tout comme l’est l’hypocrisie de sociétés qui refusent de regarder en face la violence faite aux femmes.
Ce que raconte Edna O’Brien, c’est l’horreur qui peut survenir dans une vie, soudainement, c’est le poids d’un secret vécu comme honteux pour une adolescente dont l’avenir a été brisé par un père violent. C’est la difficulté de faire face quand on sait que le monde auquel on appartient n’aura aucune pitié. Et en effet, il n’en a aucune de pitié : la réaction des femmes du village quand elles apprennent la grossesse et la tentative d’avortement de Mary est de ces réactions qui tordent l’estomac et qui rappellent qu’en chacun de nous dort un être mesquin et mauvais. Condamnations, rumeurs, médisances, rien n’est épargné à la jeune fille.
Mais le pire n’est sans doute pas cela. On voit se dessiner à travers cette histoire le portrait de femme profondément convaincues que l’avortement est un pêché mortel et dont la foi, pour être profonde sur ce point précis, ne les empêche pas d’avoir des comportements fort peu chrétiens. Et de faire subir à la jeune fille des violences physiques et psychologiques atroces.
Plus que l’inceste, c’est cela qui brise Mary : « Les gens étaient affreux, les gens étaient dangereux, les gens étaient prêts à vous crucifier, les gens qu’on connaissait et qu’on ne connaissait pas. Ce dernier constat était peut-être le plus terrible de tous et le plus effroyable. Peut-être que c’était ça qu’on entendait par vieillir, ce n’était pas les années mais le savoir. Elle l’avait maintenant. »
Bien que sachant que les femmes sont parfois les plus durs des bourreaux envers elles-mêmes et leurs semblables, j’ai reçu ces personnages comme autant de coups de poings.
En tout cas, on découvre à quel point l’avortement est une question qui déchaîne les passions en Irlande. Mary devient un enjeu national. Son cas étant porté devant les tribunaux, des juges doivent décider, mais surtout, les idéaux, les croyances, les manières de vivre s’opposent et se confrontent, tous essayant d’utiliser cette histoire pour parvenir à leurs fins, sans jamais prendre en compte la souffrance de l’individu.
Heureusement que l’espoir reste, à travers la rencontre de personnes, hommes et femmes, qui ne cherchent pas à faire le bien de Mary. Qui se contentent de l’aider et de la soutenir quelques soient ses choix.
C’est donc un roman, dur, fort. Il pâtit néanmoins à mon sens d’un style difficile, et surtout d’une narration éclatée. Les points de vue d’un grand nombre de protagonistes sont utilisés, sans que des indications de temps et de lieux permettent de se retrouver. J’ai donc eu l’impression de sauter du coq à l’âne à plusieurs reprises et de me perdre dans les méandres des courts chapitres. Ce qui ne m’a pas aidé à le terminer !
 

Edna O’Brien, Tu ne tueras point, Le livre de poche, 1998, 276 p.
par Chiffonnette publié dans : Littératures d'Europe de l'ouest
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