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Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!

Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:

leterrierdechiffonnette@
gmail.com


Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!


Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel
  
du Club des théières!!
   

 

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Vendredi 14 mars 2008
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« Je m’appelle Alice Grangé. J’ai trente ans. Je cherche ma mère. »
 
J’ai lu au gré de mes promenades dans la blogoboule des avis élogieux sur Laurence Tardieu et sur son dernier opus, Rêve d’amour. Je vais devoir, à mon grand regret, être bien moins dithyrambique.
 
Le thème abordé, ou plutôt les thèmes abordés sont des plus intéressant. Comment une enfant a grandi dans le silence, le secret tenu sur la vie et la mort de sa mère trop tôt disparue. Comment ce vide, ce manque initial a conditionné son existence toute entière. Ou plutôt sa non existence. Car ce que Laurence Tardieu montre à travers le personnage d’Alice, c’est à quel point le secret, le manque rongent, détruisent tout sur leur passage. A quel point il faut être fort, bien plus fort que ne le sont les hommes et les femmes à l’ordinaire pour surmonter ce manque. Et ce que peut apporter l’art, la création à ceux qui sont perdus.
J’ai eu du mal à démarrer, je me suis laissée emportée sur la fin, au point de m’endormir sur cette impression de flottement que l’on peut avoir parfois à la fin d’un roman. Mais au réveil le lendemain… Et à relecture de certains passages… Le bilan est bien plus mitigé.
De fait, à quelques instants de grâce près, je me suis un tantinet ennuyée. J’ai aimé certaines phrases sur l’acte d’écriture, la musique, la vie comme elle vient. Parce qu’elle sonnaient juste.
Mais le reste du temps, les phrases hachées, décousues, interrogatives m’ont menée à la lassitude. Ce qui me ramène d’ailleurs à quelques débats assez animés sur la prose de Juliette Dupont-Monod dont je m’étais faite avec plus ou moins de bonheur et de conviction le défendeur. Autant celle-ci m’avaient touchée malgré, ou à cause de son style « froid » (© au Golb), de ses personnages, autant Laurence Tardieu m’a laissée froide. Allez comprendre ! C’est une langue certes incisive, au plus près du cheminement mental de l’héroïne, de ses moments de panique comme de sérénité,  mais qui oscille entre soutenu et parlé en un balancement que j’ai trouvé pénible.
Je ne dirais rien sur le chemin de deuil qui est celui d’Alice. Il lui est propre. Il est propre à l’auteur. Mais ce que Laurence Tardieu dit sur la perte des parents, l’importance de la mémoire familiale et du lien est à retenir.
 
Les avis bien plus enthousiastes de Sylvie, LaureEmeraude, AmandaClarabelFashion
 

Laurence Tardieu, Rêve d’amour, Stock, 2008, 158 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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Mardi 11 mars 2008
 
9782742768653.jpgNana a deux amants. Elle est aussi friande de leurs baisers que de leurs bons petits plats. Et lorsque les deux hommes se rendent compte qu’ils sont non seulement voisins de palier mais rivaux, ils vont rivaliser de talent pour gagner sa préférence.
 
17 chapitres, 17 rebondissements, 17 menus. Autant de petits bonheurs où l’on voit deux hommes s’affronter de manière originale pour les beaux yeux d’une femme. Et quelle femme : Nana est sensuelle, capricieuse, intrigante dans tous les sens du terme, intelligente. Elle les mène en bateau du début à la fin de leurs relations, parvenant à retourner toutes leurs velléités de résistance et de rébellion à la situation insensée qu’elle leur fait vivre. Ils sont à la fois admirables de pugnacité, pitoyables de faiblesse et incroyablement bons cuisiniers. Parce que le fond de la chose est leur talent culinaire. Chaque rendez-vous amoureux est l’occasion de mitonner un repas de reine. Et chaque chapitre d’achève sur les recettes détaillées de ce qu’ils ont servi.
Agneau aux petits pois, artichauts à la mode de Constantinople, dolmas et feuilles de vigne ou de chou farcis, keftedes, moussaka, aubergines confites dans du vinaigre, purée de sésame, poulpe au vin, soupe de poulet…. Autant de plats traditionnels grecs qui font saliver. Ca sent les oignons, les épices, les aubergines et les courgettes. On voit les petits morceaux de viande et de légume s’attendrir, se colorer.
S’y ajoute un marivaudage amoureux de bonne tenue qui à défaut de faire rire aux éclats fait franchement sourire.
Un sympathique petit roman qu’il va être difficile de positionner : dans ma bibliothèque ou dans ma cuisine ?
 
Moustafette n’a pas aimé, Chimère si !
 

Andréas Staïkos, Les liaisons culinaires, Babel, 2007, 145 p.
par Chiffonnette publié dans : Littératures d'Europe de l'ouest
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Dimanche 9 mars 2008
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Paris, 1980. Le narrateur accompagne sa belle-fille Paule dans son combat contre le cancer. Jour après jour il prend les transports en commun, il roule le long du boulevard périphérique, de plus en plus envahit par les souvenirs de son ami Stéphane, résistant mort dans des circonstances troubles pendant la guerre, assassiné par le colonel Shadow… Ce colonel qu’il a rencontré après la fin des hostilités.
 
« Comme dit l’Ange,”quand on tient le beau pour beau, cela implique l’existence du laid. “ »
 
Henry Bauchau est un maître. Sa plume, fluide, fine, sensible touche au cœur. Son narrateur est un peu lui-même. Battu et malmené par les vents de la vie, travaillant avec ceux que rien ni personne n’a épargné.
La question qu’il se pose, la question que se posent d’autres et qui est le fil conducteur de ce récit, est la suivante : « Comment supporter cette vie partagée entre le doute et l’espérance, comment ne pas la supporter ? »
Cette question est personnifiée par sa belle-fille Paule, cette femme de cadre international, angoissée par l’idée de ne pas être à la hauteur de ses rôles d’épouse, de mère, de femme active, et surtout, par le fait de n’avoir rien, ni dieu, ni culture à quoi se raccrocher dans l’épreuve. Le doute, c’est la maladie, la douleur au quotidien, la lutte contre la panique. L’espérance c’est la guérison tant et tant attendue qui se dérobe. Et pourtant, comment ne pas se battre pour vivre ?
Voir cette jeune femme en lutte, amène le narrateur à réfléchir à la mort, à ce qu’elle représente dans le monde contemporain. Cette mort qui advient dans des lieux froids, impersonnels, qui se cache et s’efface. Cette mort à laquelle on ne peut se préparer puisqu’elle est niée, repoussée. Et que peu de choses permettent de supporter puisque la spiritualité s’est effacée au profit de l’action sans combler tout à fait le vide. Sans expliquer l’absurdité des choses.
« Ni Dieu, ni maître ! […] Oui, c’est bien joli, mais il faut avoir la force. » A plus forte raison dans un monde où le bonheur devient une obligation. « C’est bien d’être heureux, c’set bien de jouir. Mais il n’y a pas de devoir de jouir, pas de devoir d’être heureux. »
Voir Paule en souffrance, répondre à ses questions sur la guerre vécue amène son beau-père à se souvenir. Se souvenir de ce deuil, de son amitié avec Stéphane. Elle a été profonde, trouble cette amitié, très proche de l’amour. Stéphane l’a initié à l’alpinisme, l’a conduit sur les chemins du dépassement et de la sérénité. Cet homme a accepté de la vie ce qu’elle pouvait lui apporter : l’absence d’amour comme le bonheur. Il a transformé ses manques en force, en légèreté, en courage. Il a persisté à espérer.
Il est une des deux faces de la médaille de la vie. L’autre est son assassin, Shadow. Un homme qui n’a pas non plus été aimé, qui a subi beaucoup. Et qui a accepté la totalité de la noirceur du monde en lui, qui s’est voué à l’iniquité, à la souffrance. Totalement libre de tous liens avec ses semblables, il est devenu un animal dangereux, pervers. Le pire étant sans doute qu’il ne fait qu’exploiter les peurs, les failles, les vices de ceux qu’il veut abattre.
Stéphane, Shadow, deux adversaires, deux siamois, bien plus liés qu’il n’y paraît et incapables de survivre à leur rencontre.
Au final, ce que nous apprennent ces deux hommes qui meurent l’un de l’autre, c’est que le monde ne va pas sans la légèreté et la pesanteur. Sans l’ombre et la lumière. Sans le bonheur et la souffrance.
Et que la vie ne va pas sans la mort, même si on espère l’oublier en tournant indéfiniment autour d’un boulevard périphérique qui sans que ceux qui l’empruntent en aient conscience, relie les morts et les vivants. Qui ne représente pas moins que le chemin long et tortueux qui mène de l’enfance colorée et heureuse à la vieillesse.
 
« Je revois Paule mourante, à sa droite la mère pleure, à sa gauche Mykha agenouillé la tient dans ses bras. Au pied du lit, la présence de Stéphane, à la tête, l’ombre immense de Shadow. Ils se font face, les yeux clos, comme les grands gisants des abbayes d’autrefois. Ils protègent Paule de leurs yeux fermés, ayant vu ce que je n’ai pas su voir, ils mes forcent à comprendre qu’elle était, qu’elle et un être mystérieusement éveillé à sa condition mortelle.
 
C’est une œuvre qui mériterait bien plus, plus d’éloges, plus d’analyse, et moins d’incohérence. Je n’ai pas les mots pour exprimer à quel point elle m’a touchée. L’humanisme de cet auteur, la profondeur de ses phrases en font un des grands de ces temps. Et un auteur qui permet de mieux regarder et de mieux voir le monde qui nous entoure sans leçons, sans lourdeurs.
 
 
 
 
L'avis de Bellesahi.
                                                                                    


Henry Bauchau, Le boulevard périphérique, Actes Sud, 2008, 254 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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Vendredi 7 mars 2008
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Yann a dix ans et six frères. Trois paires de jumeaux qui se suivent et ne se ressemblent pas. Trois paires de jumeaux solides quand lui n’est pas plus haut que deux pommes. Pourtant c’est lui, qui par une nuit pluvieuse, va entraîner ses frères sur le chemin de l’Océan.
 
Mourlevat offre avec ce roman une jolie relecture de petit Poucet. Car c’est ce qu’est Yann : un petit Poucet, malin, débrouillard et mignon comme tout. Et s’il s’enfuit avec sa fratrie, c’est pour des raisons bien voisines.
Cette fuite vers l’ouest, le lecteur va la vivre par les récits des frères, par ceux des adultes qui ont croisé leur route, plus ou moins brièvement. On découvre ainsi les difficultés du chemin, les petits larcins pour manger et se réchauffer, les courses folles pour échapper aux menaces. Un routier, une boulangère, une vieille dame, une jeune étudiante, un gendarme… Autant des personnes, autant de regards différents sur ces enfants : délinquants, enfants maltraités, survivants… Car finalement, cette histoire de petit Poucet, ce n’est pas tout à fait celle d’enfants fuyant des parents qui veulent les assassiner. C’est celle d’enfants dans une France rurale et profonde où l’amour ne s’exprime guère même s’il existe. C’est celle d’un enfant trop différent dans un monde où ce qui ne répond pas à la norme ne peut être que craint et ma aimé. C’est celle d’un enfant prêt à tout trahir pour réaliser ses rêves d’évasion.
Les rebondissements foisonnent et l’humour ne manque pas sur un sujet pourtant grave.
 
On se laisse emporter par la grande vague de cette fuite. Par le sourire et le mutisme de ce petit bout d’homme décidé et qui tient ferme face à la vie. Ce qu’on trouve au bout du chemin ? Et bien… un certain paquet d’amour… Et un brin d’espoir.



Jean-Claude Mourlevat, L’enfant Océan, Pocket jeunesse, 2002, 151 p.

par Chiffonnette publié dans : Littérature jeunesse
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Mercredi 5 mars 2008
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« La fiiiinnnn du monnnnnnndeeeee » *gong*
Ben oui, la fin du monde. L’Antéchrist est né, les cavaliers de l’apocalypses approchent à presque grande vitesse sur leurs motos, les grenouilles pleuvent et les prophéties expliquent clairement (pour leur auteur du moins) que si, on y est !
Sauf que Rampa le démon (enfin, l’ange qui a trébuché) et Aziraphale, ange et libraire bibliophile ne sont pas tout à fait d’accord. C’est vrai quoi, l’Enfer c’est pas le paradis, et le Paradis peut se révéler un enfer pour qui aime pêle-mêle : les premières éditions, les Bentley de collection, les bons repas et une bonne cuite de temps en temps.
Et puis de toute façon, rien ne dit que l’Antéchrist, Adam de son petit nom, est d’accord pour tout démolir. Il est bien trop occupé à jouer à la Guerre des étoiles avec ses copains et à jouer les fauteurs de trouble dans son petit village. Et puis il faut compter avec les sorcières, les inquisiteurs, quelques démons majeurs et mineurs, la Voix de Dieu, le Plan Ineffable, la sœur sataniste Mary Loquace, Toutou le molosse de l’Enfer et un certain nombre d’autres facteurs qui risquent de mettre à mal la fin du monde.
 
Que dire, que dire ! Oui, je suis une inconditionnelle de Neil Gaiman ET de Terry Pratchett. Oui, mon avis est donc empreint d’un certain manque d’objectivité ! Et pour être franche peu me chaut !
Après tout, il n’y a aucune raison de bouder son plaisir quand deux plumes talentueuses s’allient pour le meilleur et pour le rire ! Car pour rire, on rit !
Il faut voir l’enchaînement de scènes burlesques et absurdes de la création du monde à sa fin (enfin, fin, pas vraiment, mais une fin est une fin même si elle est un début) ! C’est dense, le rythme ne faiblit jamais : on commence par une expulsion, on finit par une tempête en passant par un échange de bébés raté, un stage d’entreprise qui tourne à la bataille rangé, quelques courses poursuites, une balade en scooter volant et autres joyeusetés.
Et les personnages sont tous plus désopilants les uns que les autres : Rampa est un dandy pas si méchant que ça ; Aziraphale a filé son épée de feu à Adam et Eve quand ils ont été virés du jardin d’Eden, histoire qu’ils aient un truc pour se défendre et se tenir chaud. Bref, ni très méchants, ni tout à fait gentils, ils font face à une humanité qui les dépasse : capable de la plus grande des bontés comme de la plus atroce méchanceté ! Et bien plus imaginative que ce que les bureaucrates du ciel et de l’enfer pensent !
Comme en plus il y a là-dessous un certain nombre de petites piques sur les crasses humaines, les croyances diverses et variées, les extrémismes, les intégrismes et autres –ismes, on ne peut même pas reprocher à l’ensemble d’être complètement crétin !
On ne note pas de fossé entre le style des deux auteurs, le tout est vraiment cohérent et même les notes de bas de page sont désopilantes.
 
Un excellent roman en tout cas, conseillé en cas de déprime même passagère !
Merci à Fashion pour le prêt !
 
 
Goelen, Caro[line],  Pascal  donnent leur avis!
 
 

Neil Gaiman, Tery Pratchett, De bons présages, J’ai lu, 2004, 439 p.

par Chiffonnette publié dans : Portail vers l'Autremonde
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