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A la Une

Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!

Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:

leterrierdechiffonnette@
gmail.com


Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!


Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel
  
du Club des théières!!
   

 

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Mercredi 7 mai 2008

 

Il était une jeune fille qui souhaita bonne nuit à sa famille. Et qui ne se réveilla pas. Partie au plus profond d’un rêve.

Là où les rêves se créent, dans un konbini où les livreurs de rêves viennent faire leur course, en compagnie du patron et de Satoru, elle va vivre le temps des rêves.

 

J’ai eu un peu de mal à démarrer la lecture de ce seinen. Le dessin un peu fouillis, un peu rond et un peu pointu, un scénario abracadabrant m’ont un peu refroidie. Une petite fatigue aussi, admettons le. Et puis la magie a opéré. On retrouve dans ce manga l’ambiance du Voyage de Chihiro dans ce manga. L’héroïne se retrouve dans un lieu hors du temps et de l’espace. Un endroit plein de mystère et de poésie où passent ceux qui sont endormis, ou morts quand ils ont trop de regrets pour entrer sereinement dans la mort. Pourtant, elle n’est pas morte. Pas physiquement. Mais doutant de ses sentiments, de son être, elle s’est petit à petit effacée. Elle s’est adaptée à ceux qui l’entouraient au point de disparaître.

Elle va trouver au pays des rêve ce dont elle a besoin : un espace pour s’exprimer, pour aimer, pour jouer, pour se trouver enfin. Et c’est un bel endroit que cette épicerie. Tenue par un chien qui porte un bonnet, elle est emplie de marchandises mais aussi de bouteilles et de canettes où sont conservés les sentiments de ceux qui sont passés par là pour s’en libérer. Une dimension triste, presque philosophique contrebalancée par un humour omniprésent : le Bon Dieu attaque des paquets de biscuits qu’il laisse ouverts dans les rayons, les autres patrons sont autant d’animaux vêtus de tabliers et costumes… Le trait assez étrange transcrit à merveille les sentiments des personnages, la couverture superbe et colorisée dans des teintes douces rend justice au contenu.

C’est beau, c’est doux et tendre : cet univers entre deux monde devient une scène où l’humain trouve à s’exprimer dans tous ses aspects. On en sort le cœur léger et l’âme sereine, avec le sentiment d’avoir fait un beau voyage.

 
Hisae Iwaoka, Yumenosoko, Au plus profond des rêves, Kana, 2007, 186 p.

par Chiffonnette publié dans : Côté Soleil levant
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Lundi 5 mai 2008

 

Ce que je croyais être un roman est en fait une nouvelle. Une centaine de page pour un personnage haut en couleur, la magnifique et inénarrable Holly Golightly. Pour qui n’aurait pas vu ce petit chef-d’œuvre de Blake Edwards avec Audrey Hepburn, je résume l’intrigue :

Le narrateur, au tout début de sa carrière d’auteur aménage dans un immeuble où loge également une cover-girl, Holly Golightly. Belle, mystérieuse, fantasque, la jeune femme va l’entraîner dans une amitié pleine de heurts et de surprises et lui faire découvrir un univers qu’il ne soupçonnait pas.

 

 

J’ai retrouvé dans la nouvelle toute l’ambiance du film, et bien sûr, plus encore. Car Holly Golightly, la jolie fille fantaisiste, frivole et capricieuse acquiert sous la plume de Truman Capote une épaisseur nouvelle. On sent les failles, la fragilité, la souffrance. Ce cirage qui prend quelque fois au ventre et l’oblige à aller chercher le réconfort dans l’univers stable et serein de Tiffany. Ce cirage qu’elle accepte parce qu’elle veut plus que tout vivre intensément, fuir devant la banalité et la routine. Holly est à la fois amorale et pure. Elle dit, admet ce qu’elle ne peut supporter, ne peut faire, ne trompe jamais, préférant la fuite aux compromissions qui seraient pourtant monnaie courante avec son métier. Preuve en est qu’elle essaie toujours d’aimer ceux qui l’entretiennent. Mais son amour de la solitude, de la liberté est toujours le plus fort, la poussant à disparaître quand des liens se créent.

En même temps, l’humour, l’ironie sont bien présents dans la description de la société new-yorkaise.

Une trop courte description d’une personnalité attachante et déstabilisante.

 

S’ajoute à Petit déjeuner chez Tiffany trois autres nouvelles bien plus courtes et tout aussi percutantes

-         La maison de fleurs, ou l’histoire d’une prostitué qui tombe amoureuse d’un paysan et qui l’épouse. Un récit plein de couleurs et d’odeurs d’épice où le vaudou et les esprits ne sont pas les derniers à se mêler à la partie. Une belle histoire d’amour qui montre à quelles extrémités peut se retrouver une femme amoureuse.

-         La guitare de diamant : M. Shaeffer purge une peine de prison à vie dans un camp de bûcherons. Il s’accommode de sa situation jusqu’à l’arrivée du jeune Tico Feo. Rapidement, celui-ci le pousse à l’évasion. Une histoire ambiguë d’amour et d’amitié masculine dans un cadre inhabituel. Une fin amère et en demi-teinte.

-         Un souvenir de Noël : un jeune garçon se souvient des Noëls passés avec la vieille femme chargée de son entretien. Deux exclus, deux solitudes unies dans une vie pleine de chaleur et de tendresse. Ma préférée des trois sans aucun doute pour ce qu’elle révèle de la froideur de l’hiver et de chaleur humaine.

 

 

 

 Truman Capote, Petit déjeuner chez Tiffany, Folio, 1996, 188 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures anglo-saxonnes
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Vendredi 2 mai 2008


 

Imaginez un monde où les crimes commis contre les livres sont l’objet des enquêtes d’une section spéciale, où les technologies les plus pointues sont mises en œuvre pour comprendre, retrouver les coupables et le cas échéant, les punir. C’est le monde de l’agent Bay et de son équipe. Le monde du chasseur de livre.

 

Voilà une bande dessinée qui commence sur les chapeaux de roues ! Une équipe casquée et armée intervient chez le voleur des 8 exemplaires du « Lobby chinois en Amérique » achetés et rachetés par la bibliothèque d’Oakland. Et ce n’est pas fini. Quelqu’un a volé l’exemplaire de la Bible Caxton conservé à la bibliothèque d’Oakland, un manuscrit qui doit retourner à la bibliothèque du Congrès dans quelques jours.

C’est le prétexte à une enquête digne d’un croisement entre Les experts, NCIS et les aventures de Thursday Next ! Analyses ADN, tours de passe-passe avec des coffres-forts, combats épiques où les tiroirs des meubles à fiches deviennent autant d’armes, courses-poursuites haletantes en chariots ou en bibliobus tout y est ! Avec en plus des informations complexes et passionnantes sur la reliure, le fonctionnement d’une grande bibliothèque, les systèmes informatiques et le jargon bibliothéconomique des années 70!! Ce qui a provoqué chez moi une franche rigolade et une certaine dose de perplexité à constater que malgré tout, je m’y perds encore !!

Servi par un dessin tout en rondeurs et dans des teintes de marron qui changent du noir et gris habituel, cette enquête rocambolesque est un pur moment de plaisir qu’il n’y a aucune raison de bouder !

 

L’album va maintenant rejoindre les étagères de ma bibliothèque ! Merci à Frédéric Cambourakis, l’éditeur qui a été assez gentil pour faire don d’un exemplaire de Bookhunter pour mon plus grand plaisir, et je l’espère, le plus grand plaisir des lecteurs qui viendront traîner dans nos rayonnages !

 

 

 

 Jason Shiga, Bookhunter, Cambourakis, 2008, 147 p.

par Chiffonnette publié dans : Bulles
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Mercredi 30 avril 2008

 


Un père et un fils sur une route qui file vers la mer. Un monde en cendre.

 

Je n’ai pas lu d’autres romans de Cormac McCarthy avant celui-ci. Je dois donc croire sur parole ceux qui affirment que son écriture s’est épurée, réduite à l’essentielle. Pour moi, ce style est un constat et un choc. Oui, La route est un roman de l’épure. Mais sous l’épure, il y a une immense richesse de sens.

Cormac McCarthy écrit le voyage sans fin et terrifiant d’un homme et de son fils sur les routes d’un monde détruit, brûlé où n’ont survécus que quelques êtres humains bien vite retombés dans la barbarie. C’est la condition humaine dans son acceptation la plus minimale, la plus froide que dépeint l’auteur. Quid de la catastrophe en elle-même, de ce qui l’a provoquée, de son déroulement, de ses conséquences autres que la fin de toute  civilisation. Ce n’est pas ce qui est important. Ce qui l’est, c’est ce que devient l’homme quand sa seule préoccupation est de trouver de quoi se nourrir, se couvrir et un lieu pour s’abriter du froid et du danger. Et cette question en filigrane de la lecture : pourquoi faire le choix de continuer à vivre quand le monde est mort ? Aurions-nous la force de continuer comme ce père, prêt à tout pour que son enfant respire encore ? Cette force incroyable d’un survivant face à une nouvelle génération qui n’a pas connu le monde qu’il lui raconte parfois la nuit tombée dans le noir, ou le jour cendreux sur la route, en utilisant des mots qui ont perdu leur sens avec la mort de ce qu’ils décrivaient.

 

L’homme et son fils font le choix de continuer à vivre en maintenant une certaine éthique. Ils sont les gentils, face aux méchants. Des méchants dont on voit se dessiner les pratiques au fil de la route : sacrifices humains, exécutions sommaires, cannibalisme, esclavage, tortures. En fait des hommes et des femmes qui choisissent la survie immédiate, individuelle à la possibilité de la survie en groupe, seule susceptible de permettre une véritable renaissance de l’humanité. Oubliant toute solidarité et prêts à tout pour satisfaire leurs besoins et leurs envie, même au pire.

Bien sûr il y a de scènes à la limite de l’insoutenable dans ce roman. Mais le plus terrifiant n’est pas la violence qui amène à cet insoutenable, Le plus terrifiant est de constater que la civilisation, le vivre ensemble, la culture, rien ne tient face à la nature humaine, et que la frontière est tenue entre le prédateur et l’homme. Et on se demande au fil de la lecture pourquoi on n’abandonne pas, pourquoi on continue malgré ce nœud au ventre, cette douleur de suivre le cheminement de ces deux êtres perdus. Mais on ne peut pas les laisser seuls. La volonté de savoir ce qu’il advient d’eux est finalement la plus forte.

Ceci dit, je me demande maintenant, a posteriori si ce n’était pas plutôt l’envie de savoir s’il n’existait pas, au bout de la route un espoir, un mince espoir pour l’humanité.

Y-a-t-il la possibilité d’une renaissance ? La route est une sorte d’apocalypse profane. Je n’invente rien en écrivant cela.  Je ne vais pas citer et analyser les références bibliques dont fourmille le récit. D’autres l’ont fait bien mieux que moi. Mais il est vrai que l’on retrouve les motifs bibliques de l’apocalypse dans ce roman. L’enfant et le porteur de flamme, l’espoir, celui qui persiste, envers et contre tous, même son père à croire et à pratiquer une générosité, une entraide qui lui sont naturelles. Et qui porte l’amour aussi, ne serait-ce que celui de son père.

 

Une lecture qui prend aux tripes.

L'avis d'Amanda, celui du Bibliomane, de 
Sylvie qui a son habitude (trèèèèès bonne habitude), donne une multitude de liens plus intéressants les uns que les autres! 

 

 
Cormac McCarthy, La route, Ed. de l’Oliver, 2008, 245 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures anglo-saxonnes
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Mardi 29 avril 2008



 Où l'on retrouve Chanda et son amoureux entre Japon et Europe, parties de jambes en l'air et dédicaces.

 

Après un premier tome que j'avais trouvé sympathique, le hasard a voulu que je mettes la main sur le deuxième. De l'intérêt de fréquenter des bibliothèques ailleurs que chez soi!

Que dire de ce second tome... Autant le premier était centré sur l'aspect sexuel de la relation de l'héroïne avec son amoureux, autant le deuxième se décentre! Attention, il est toujours question de la bagatelle, aspect central de la relation qui lie nos deux tourtereaux! Mais le temps passant, les questions qui se posent changent. Il y a l'adaptation à la vie au Japon, la jalousie contre celles qui trouvent le beau dessinateur fort à leur goût et profitent des dédicaces pour flirter avec lui au grand dam de Chenda. Il y a l'angoisse que vingt ans de différence n'ait raison de leur amour, la peur de l'avenir.

Le résultat donne un album plus tendre à défaut d'être plus calme! Avec toujours ce regard plein d'humour sur l'amour et le sexe, sans vulgarité aucune, ce qui est tout de même un challenge...

Aurélia Aurita, Fraise et chocolat vol. 2

 

par Chiffonnette publié dans : Bulles
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