Musique au corps et au coeur

Publié le par Chiffonnette

Et bien je dois remercier Cunéipage de m'avoir donné l'envie de me lancer dans ce merveilleux roman. Il est presque impossible de le résumer tant il est dense et riche. On suit sur une soixantaine d'année l'histoire de la famille Strom. Une histoire marquée par un amour fou et ses conséquences pour des enfants ni blancs ni noirs dans une Amérique à l'heure de l'appartheid, du Dr King et des Black Panthers. C'est une belle famille qui est décrite, unie, désunie, brisée et souffrante, mais toujours vivante malgré son caractére improbable et les difficultés qu'elle rencontre. Les deux frères et la soeur Strom illustrent tout ce que l'on peut illustrer en fait de relations fraternelles. Un amour fort et dur qui prend aux tripes et dans lequel on peut se reconnaître. Quand à leurs parents... C'est juste beau et poignant. S'y ajoute le racisme, l'identité et la recherche d'identité. L'ensemble du roman est porté par un amour fou de la musique, un amour qui irrigue chaque parcelle de l'existence des personnages, dans toutes les circonstances, jusqu'à la folie. J'en sors au-delà des mots et de l'émotion avec l'envie rivée au corps de réécouter ces oeuvres. Impossible d'aborder tout le reste, et pourtant, il y aurait de quoi en écrire des pages et des pages, difficile de faire passer l'émerveillement ressenti devant cette plume et devant cette créativité. Sans mièvrerie, sans misérabilisme, Richard Powers signe un grand roman sur l'Amérique de la deuxième moitié du 20e siècle.

" L'oiseau et le poison peuvent faire un poiseau. Le poisson et l'oiseau peuvent faire un oisson. Il psalmodie ce mots, les scande sur un rythme qui galope désespérément. Un continent émerge. Des notes syncopées dans le temps. Tout ce qu'il veut, c'est continuer à jouer. Toutes les combinaisons possibles. Qu'il continue de chanter jusqu'à exister, et mettre ainsi en route mon morceau, ma chanson."

Et aussi les avis de Papillon, Chimère, qui ne sont certes pas les seules à en avoir parlé avec talent. Pardon à ceux et celles que je n'ai pas eu le temps d'ajouter à la liste.

Richard Powers, Le temps où nous chantions, Le Cherche Midi, coll. LOT49, 2006, 762 p.

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Florinette 09/05/2007 11:11

Ça fait bien longtemps que je désir lire ce livre et ton article me donne vraiment envie de le découvrir, en plus je crois qu'il est sorti ou va sortir en poche, il faut que je me renseigne ! ;-)

Chiffonnette 09/05/2007 13:49

Si la sortie en poche est prévue, je vais rompre mon voeu ("arrête d'acheter des livres nom de *******!") rapidement. C'est une pure merveille. Je n'arrête plus d'y penser. un peu comme L'attentat dans une autre catégorie! Les livres de ce calibre sont "rares"! Autant en profiter au maximum!

Papillon 08/05/2007 19:01

Un roman très fort et très prenant que je conseille à tout le monde ! Tu en parles très bien...

Chiffonnette 08/05/2007 21:07

Merci beaucoup! Ca fait plaisir!

sylire 08/05/2007 11:25

Je l'ai noté moi aussi pour une période ou j\\\'aurai du temps devant moi !

Chiffonnette 08/05/2007 12:12

C'est vrai qu'il faut en profiter. Moi, j'ai réussi à mettre la main dessus à la bibliothèque alors j'ai sauté sur l'occasion. Mais je l'achète dès qu'il sort en poche et que je remets les pieds en librarie (j'ai fait voeu de résister au moins... une semaine?)

Gachucha 07/05/2007 22:55

Celui là il est prévu, mais sans doute pour l'été...

Chiffonnette 08/05/2007 11:23

Un transat, un parasol et de la crème solaire en guest star. Tel est mon conseil!

Cune 07/05/2007 21:51

Mais quand même, Fashion, ça se lit lentement, c'est très dense, très fort... Une MERVEILLE, mais qui demande effectivement du temps devant soi, me souviens que j'avais passé plus d'une semaine dessus, ce qui est rare, chez moi. Un peu comme Middlemarch, tiens.Très contente que tu aies été envoûtée comme moi, Chiffonnette !!

Chiffonnette 08/05/2007 11:23

Contente de l'avoir découvert en tout cas. Et effectivement, c'est une lecture qui prend du teps. Une bonne semaine aussi en lisant dès que je pouvais ou presque. Il faut dire que pour une fois qu'il n'y a pas de grande marges et que c'est écrit petit! D'ailleurs au début je me demandais pourquoi diable je lisais si lentement!