Numéro six et Neuf Télécoms

Publié le par Chiffonnette

Toujours pas de connexion Internet (la Neuf Box est là mais la ligne n'est pas activée) mais je poste un petit article quand même!

« Maintenant je sais aussi que l’on peut détester chaque être aimé. Par instant. Par douleur. »

 

 

 

 

Numéro Six est un court roman très touchant. La narratrice, Fanny, raconte son enfance, celle de la petite dernière d’une famille nombreuse catholique, celle d’une enfant qui grandit dans la douleur d’être ignorée, laissée de côté, surtout par ce père qu’elle vénère et qui ne la voit pas. Pourtant elle est aimée, cela ne fait aucun doute. Mais pas comme elle le voudrait, pas comme elle a besoin de l’être.

Par des phrases et des chapitres courts, Véronique Olmi mène son lecteur à l’essentiel, lui laissant deviner, analyser, parfois inventer. Par là, elle crée une petite musique douce et mélancolique qui reste longtemps en tête.

Le retour sur elle-même et sur son enfance que fait Fanny adulte raconte en fait l’histoire d’une rupture, puis de retrouvailles avec un père, un milieu familial. Il raconte la nécessité de se libérer, de se construire, au risque de briser ses rêves. Fanny voulait être avocate. Elle est devenue secrétaire pour avoir joué au cancre afin d’être, enfin, vue par ses parents. Il raconte surtout que rien n’est jamais simple, et que si le retour est possible, ce qui lie une famille n’est parfois rien de plus que le sang partagé. Cela est particulièrement sensible lorsqu’elle revient sur les repas de famille, les disputes d’héritage, le carcan des bonnes manières bourgeoises et des faux semblants.

Le liens de filiation restent pourtant fort, puisque c’est elle qui, toujours par cet amour fou pour son père, va accepter de le voir vieillir, de le découvrir faible et dépendant. C’est elle aussi qui va partir à la découverte de ce que fut ce père, à travers les lettres que celui-ci écrivait du front entre 1914 et 1918, avec en aboutissement, cette jolie réflexion : « On ne fait que croiser ses parents. On partage un temps de vie avec eux, on s’en va, puis on se souvient. Et on les rappelle. C’est un privilège de te voir vieillir. Un privilège et une souffrance. ». Et on ne connaît jamais vraiment ceux qui nous entourent, et surtout pas ceux qui nous sont les plus proches. Malgré l’amour, à cause du temps qui sépare et du temps qui passe.

 

 

 

 

Véronique Olmi, Numéro Six, Actes Sud, 2002, 102 p.

 

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

Youpala 01/08/2007 10:06

Coucou - J'ai fini de lire La fin des temps ( hum) La horde de contrevent (ouais) Et je suis plongée dans la Seve et le givre. Je vois très bien pourquoi cela te plaît, espèce d'indécrottable fleur bleue....

Chiffonnette 02/08/2007 08:57

Maieuuuhhhh, je ne suis pas fleur bleue d'abord!! Et puis.... C'est trop affreux!!! ;-))))