Entrez donc...

  • : Le terrier de Chiffonnette Chiffon
  • chiffonnette
  • : Livres
  • : Ma vie, mon oeuvre, et surtout mes modestes avis de lecture et mes tentatives culinaires. Il faut que j'avoue: j'appartiens à la LCA. Non, rien d'inavouable je vous rassure.... Quoique. Pour toute info, cherchez le sigle... Ou faites un tour sur ma PAL,
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

A la Une

Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!

Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:

leterrierdechiffonnette@
gmail.com


Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!


Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel
  
du Club des théières!!
   

 

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Mardi 11 décembre 2007
 20070827artusromerpochette.jpg
Voilà un roman qui a fait couler beaucoup d’encre et qui me laisse un sentiment mitigé.
 
Knud est né en1960 dans la petite ville de Nykobing Falster, de mère allemande et de père danois. Une filiation qui lui vaut d’être le « cochon d’allemand » dans un monde où la Seconde guerre mondiale a laissé des plaies profondes et où même un enfant doit payer.
 
« Nykobing Falster est une ville si petite qu’elle se termine avant même d’avoir commencé. Quand on est dedans, on ne peut pas en sortir, et quand on est dehors, on ne peut pas y entrer. Dans les deux cas, on se retrouve du mauvais côté [..]. C’est à cet endroit que je naquis en 1960, et c’était la façon la plus sûre de ne pas exister du tout. »
Voilà qui résume parfaitement la situation de Knud et son histoire. Sans jamais une plainte ou un jugement, l’auteur raconte l’enfance qui a été la sienne, pleine de douleur et de solitude, dans une petite ville de province poisseuse, grise et froide.
L’école est un purgatoire, les rues sont dangereuses, les habitants adultes comme enfants indifférents au mieux, hostiles et violents au pire. Les moments qui devraient être significatifs de bonheur pour un enfant ne sont que douleur pour lui. La première neige, les anniversaires, les fêtes d’école. Chacun de ces événements est une épreuve à surmonter. Un moment où sa mère et lui-même sont en butte aux vexations et aux humiliations.
Elle est l’allemande, la nazie, la personnification d’un ennemi qu’ils n’ont pas eu le courage de combattre et dont ils se vengent sur qui ne peut se défendre. Le pire est sans doute que leur haine envers cette femme est d’autant plus injustifiée qu’elle a tenté de résister au nazisme et a fait preuve d’un courage exemplaire. C’est ce qui marque le plus son fils d’ailleurs, la souffrance de cette mère qu’on cherche à atteindre quand on l’agresse lui. Son amour inconditionnel lui dicte d’ailleurs bien des mensonges et des omissions. Tout plutôt que de lui révéler une vérité qui pourrait la détruire. Bien sûr sa mère n’est pas dupe. Elle se tient droite et fière malgré tout, comme pour dire à son fils qu’il est possible de résister. C’est un magnifique portrait de femme qui se dessine au fil des années qui s’écoulent : on la voit d’abord à travers les yeux de l’enfant, puis de l’adolescent, et enfin de l’adulte qui peut comprendre la complexité de la personnalité de celle qui lui a donné le jour, la colère et la haine dont elle est pleine et dont elle ne peut se défaire, au point qu’elle meurt dans une douleur atroce.
C’est aussi le beau portrait d’un enfant qui a réussi à devenir un homme malgré tout, et qui symboliquement, à la dernière page, jette la grenade de son ressentiment et de sa colère, pour enfin se libérer de ce qui a tué sa mère.
 
Heureusement, Knud Romer ne s’arrête pas à ces seuls moments. Il retrace aussi l’histoire d’une famille pas comme les autre: une famille de tanneurs danois dont un des descendants s’engage dans les entreprises les plus loufoques et risquées d’un côté, une famille de nobles allemands rigides et fiers de l’autres. On sourit parfois, on pourrait même rire si tous n’étaient pas aussi pitoyables. Partout et toujours, le bonheur se heurte à l’échec, aux tensions familiales, au manque d’amour, aux blessures physiques et morales. La grand-mère allemande si belle transformée en spectre vivant par la bombe qui l’a brûlée sans la tuée, un grand-père danois mort d’avoir eu raison trop tôt, l’oncle Helmut marié à un dragon froid et sans cœur, un père névrotique… Tout ce monde compte pour l’enfant qu’il était sans que cela l’empêche de porter un regard critique et parfois féroce sur eux. Sur sa propre cellule familiale aussi d’ailleurs, puisque les descriptions des fêtes et des moments passés ensemble sont tempérées par la conscience de la solitude complète de ces trois êtres et du huis clos sans échappatoire qui est le leur.
En tout cas, le regard de l’adulte sur l’enfant et ses petites histoires apporte un peu de légèreté. Il n’hésite pas à raconter que son amour de la lecture lui vient de son envie de découvrir quelle est cette mystérieuse sexualité.
 
En bilan… Un beau texte, mais desservi par la confusion temporelle et spatiale. On passe du coq à l’âne, d’un personnage à l’autre, d’une période à une autre de telle manière qu’il est souvent difficile de savoir de quel personnage ou de quel moment il est question. Cela rend la lecture moins fluide et agréable.
Mais le fond est tel qu’il est difficile de ne pas se laisser prendre par cette lecture. On en ressort avec l’envie de garder un peu près de soi Knudchen et sa maman.
 Merci à Fashion de me l’avoir prêté !
 

Les avis de Lily, Fashion, Malice, Incoldblog, Bernard, Cathe, Pascal, Amy. J'ai du oublier du monde, mes excuses par avance!

Knud Romer, Cochon d’allemand, Les allusifs, 2007, 186 p.

 

par Chiffonnette publié dans : Littératures scandinaves
ajouter un commentaire commentaires (15)    recommander
Vendredi 24 août 2007

 

 

 

Cinq célibataires dans une maison au bout du monde. Cinq célibataires qui commencent à s'inquiéter pour leurs vieux jours. Un célibataire qui décide alors de se marier pour assurer les-dits vieux jours. Mais la fiancée est une marâtre. Riche certes, mais une marâtre. Et les vieux copains n'ont pas dit leur dernier mot.

 

 

Le lecteur (ou la lectrice), lui, n'a pas fini de se tordre de rire! Jorn Riel offre en quelques trop courtes pages un petit conte drôlatique, vaudevillesque et immoral. Une apologie de la paresse et une célébration de la capacité à tromper son monde (gentiment ou presque) pour arriver à faire sa sieste au soleil. On croise des célibataires paresseux et malins, une veuve au tempérament chaud lançant sa rivale par une fenêtre, un administrateur administrant, et quelques autres personnages hauts en couleur. Quelques traits suffisent à leur donner corps et vie dans des situations poussées à leur extrême. Le pire, c'est qu'on se dit qu'il doit bien s'en trouver de parle monde de vieux roublards dans ce genre!

Les accroches de chapitre sont savoureuses, l'écriture enlevée, et mon seul regret que cela ait té trop court! Ne surtout pas bouder Jorn Riel par lui-même à la toute fin! Non seulement le monsieur a une vie fascinante, mais en plus il se fait subir le même traitement humoristique qu'à ses personnages!

 

 

"Une chance, ces dents du commerce, parce qu'ainsi, il n'avait pas à envisager de frais plus tard pour ces outils si fondamentaux à la mastication."

 

Papillon en parle plus que bien ,tout comme Florinette, Valdebaz, Clarabel et Gachucha.

 

Jorn Riel, La maison des célibataires, 10/18, 2006, 75 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures scandinaves
ajouter un commentaire commentaires (15)    recommander
Vendredi 10 août 2007
 
Le deuxième roman envoyé par Sophie depuis son île dans le cadre du swap!
 
Ange, photographe de publicité réputé, homosexuel et branché vit en solitaire jusqu’au jour où il sauve d’une bande de jeunes voyous ce qui ressemble à toute première vue à un chat. Mais ce qu’il recueille ainsi est beaucoup plus dangereux qu’un chat. C’est un bébé troll. Perdu, mignon, attendrissant, mais sauvage et dangereux. Un grand fauve. Sauf que de fils en aiguilles, de recherches zoologiques en apprivoisement, Ange va s’attacher à cet être. Un être qui s’avère de moins en moins animal et de plus en plus proche de l’humain. Et si les légendes avaient raison ?
 
Ce que j’ai trouvé intéressant avec ce roman est le parti pris de l’auteur de présenter en alternance avec l’histoire même des extraits d’histoires, de contes et d’œuvres folkloriques nordiques, des extraits d’ouvrages de recherche universitaire et de vulgarisation sur les carnassiers qui donnent un aspect de réalité à son point de départ. Les trolls ne sont pas un fruit de l’imagination humaine. Ils sont rares, mais réels. Cela donne des pages parfois savoureuses, et presque toujours intéressantes. L’étrange d’insinue petit à petit. On pense au départ se trouver devant une belle histoire d’attachement entre humain et animal. Puis s’introduisent des petits éléments dérangeants. L’enfant troll défend son territoire, mais il est aussi capable de peindre, et de réflexion. Et que penser de ces événements étranges qui se produisent aux lisières de villes où les apparitions de trolls adultes se multiplient ? Les légendes prennent de plus en plus de poids, de réalité. J’ai aimé le fait que l’auteur ne répond à aucune des questions posées, laissant après un retournement de situation relativement inattendu et drôle son lecteur inventer. Le successeur de l’homme sera peut-être le troll mes amis ! Mais dommage que Johanna Sinisalo n’ait pas plus creusé sur l’enfant troll. Il y avait matière à développement. J’avoue être restée un peu sur ma faim
Par contre, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher aux personnages : le photographe de pub stressé qui trouve un sens à sa vie, le directeur d’agence publicitaire ambitieux et rusé, la petite fiancée asiatique, le vétérinaire étrange, etc. Leur vie sentimentale prend parfois un peu trop de place, même si c’est elle qui au final, permet que l’histoire bascule vers la folie totale. La qualité de l’ouvrage est aussi son défaut : intercaler des passages ”théoriques“ et littéraires sur les trolls donne du dynamisme à la narration, mais elle la hache aussi un peu trop. On aurait pu se passer de certaines de ces digressions.
En tout cas une lecture agréable.
 
L'avis de Sophie.
 
 
Johanna Sinisalo, Jamais avant le coucher du soleil, Babel, 2005, 317 p.
par Chiffonnette publié dans : Littératures scandinaves
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Vendredi 18 mai 2007

Il ya des livres comme ça qu'il faut prendre le temps de digérer. Laisser le temps aux mots, aux phrases de reposer, puis de s'envoler. Avant de pouvoir ouvrir d'autres pages.

Pétur est un petit garçon islandais presque comme les autres. Il vit avec son père, la voix la plus célèbre du pays. Sa maman sismique, Lara, a disparu un beau jour. Toute en fantaisie et en tendresse, son enfance va laisser la place à la souffrance de grandir, de se construire et de comprendre, enfin, que l'éloignement n'est pas une solution.

C'est peu dire que j'ai aimé. Göran Tunström a cette manière bien à lui de faire basculer son lecteur dans un monde onirique, où le merveilleux est chose courante. La musique des mots, des notes et la musique de la terre qui gronde façonnent ses personnages. On est emporté dès les premières lignes dan ce pays où la poésie est un moyen de respirer.

L'histoire se centre principalement sur la relation du père et du fils. On voit le regard tendre du petit garçon évoluer, se transformer, devenir plus dur, plus amer. On voit ses remords et l'amour qui malgré tout persiste. On lit la douleur d'un père qui voit son enfant s'éloigner de lui, ne plus le comprendre. Certaines pages exhalent la souffrance à en couper le souffle. C'est un beau roman sur l'identité, la quête de l'accomplissement de soi.

Les personnages, principaux et secondaires, m'ont un peu fait penser à ceux de Paasilina, dans ces attitudes burlesques, dans ces répliques qui font mouche, dans ces relations sur le fil du couteau. Mais avec la drôlerie en moins. Ce n'est pas un reproche. C'est juste différente et savoureux à sa manière. Et cela n'empêche pas l'humour d'être bien présent! La description du mode de gouvernement et des hommes politiques est d'ailleurs savoureuse. Il faut lire les pages où ils se retrouvent à jouer au scrabble ou à chanter de l'opéra! Et la guerre diplomatique provoquée par un ballon de foot est tout bonnement extraordinaire. Certains passages sont peut-être un tantinet longs, parfois un brin confus, mais globalement, j'ai passé un excellent moment.

"En fin de compte tout ce que nous vivons n'est que divagations de l'esprit. En fin de compte nous aurons quand même investi nos vies, écrit une chanson, qui s'attarde sur la surface de la terre une minute encore après que s'est tue la dernière note. C'est la raison pour laquelle cette bougie est ici, pour dire: il y a bien eu un récit, la flamme est faible, vacille faiblement."

Voir l'avis de Chimère.

 

Göran Tunström, Le buveur de lune, Actes Sud, Babel, 1997, 302 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures scandinaves
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Samedi 14 avril 2007

Ce qui m'a le plus frappé dans ce roman, c'est la beauté des phrases. On a la tentation d'en lire certaines à haute voix pour mieux les goûter si vous voyez ce que je veux dire. Et comble de bonheur, ce n'est pas seulement bien écrit, c'est aussi beau dans le fond! Goran Tunström parvient en 200 pages à rendre les figures du Christ et de Jean le Baptiste profondément humaines. L'un est un écorché vif en perpétuelle rebellion, l'autre un doux qui apprend petit à petit à faire face à ce qu'il est et à l'accepter. Leurs chemins se croisent jusqu'à ce que l'on rejoigne Jésus au coeur de sa retraite de 40 jours dans le désert.

J'ai particulièrement aimé le fait que le Christ doute au départ de ce qu'il est et qu'il lutte de toute ses forces contre l'idée qu'il puisse être le Messie tout en étant quelque part flatté. Et les figures de Marie et de Joseph qui souffrent de l'enfant qu'ils ont mis au monde même s'ils l'aiment.

On y trouve de surcroît des reflexions qui laissent songeur: "Au coeur du silence, toutes les entraves disparaissent: ce n'est que là qu'il est possible de jalonner le chemin qui va tout droit. Il mène tout droit à la mort. Trop de gens vivent continuellement à côté de la voie qui y mène. Ils peuvent se cacher dans leurs souvenirs, dans le temps anéantis. Ils se croient immortels. Ils sont des enfants."

Bref, c'est beau, c'est bon, c'est chaudement recommandé.

Göran Tunström, La parole du désert, Actes Sud Lettres scandinaves,1993, 201 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures scandinaves
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Recherche

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
noms de domaines sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus