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Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!

Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:

leterrierdechiffonnette@
gmail.com


Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!


Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel
  
du Club des théières!!
   

 

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Mardi 13 mai 2008

 

Yaël a plus de trente ans, un métier, des envies. Elle veut écrire. Sa cousine lui suggère d’écrire un roman respectant les règles cardinales suivantes :

« Règle n°1 : Ne pas avoir peur de parler de transpiration et de poils sous les bras.
Règle n°2 : Situer le roman dans un milieu glamour (…).
Règle n°3 : Egrener quelques références littéraires au fil du texte (…).
Règle n°4 : Adopter le ton d’autodérision sympathique de la fille qui ne se prend pas au sérieux. »

De la chick-litt donc. Renseignements pris, Yaël décide qu’elle n’est pas la mieux armée pour se consacrer à ce genre littéraire. Après tout, elle ne sait pas s’habiller, se coiffer, sa vie sexuelle est cataclysmique, bref, les fées ont oublié le glamour et la passion quand elles se sont penchées sur son berceau. Mais qu’à cela ne tienne. Yaël a deux passions : Virginia Woolf et Keynes. Et elle va les faire se rejoindre en choisissant d’écrire sur Angelica Garnett, nièce de Virginia, filleule de Keynes, fille de Vanessa Bell.

 

Faisons un point rapide sur cette fascinante société qu’est celle de Bloomsbury : Vanessa Bell, sœur aînée de Virginia Woolf épouse Clive Bell, critique d’art qu’elle quitte pour le peintre bisexuel Duncan Grant et son amant David Garnett. Sa fille Angelica naîtra de sa liaison avec Grant. Elle épousera David Garnett.

Sachant que Keynes était également l’amant de Duncan Grant, vous devriez, comme moi commencer à comprendre la complexité des relations et des événements que Yaël Koppman décide de dépeindre. Avec talent d’ailleurs puisqu’on se passionne pour cette société de Bloomsbury. Seul problème, il est facile de se perdre dans les dédales relationnels décrits !!

 

Mais ce n’est pas forcément le plus intéressant. Au fur et à mesure de ses recherches, Yaël va découvrir que les relations d’Angelica avec sa mère Vanessa tendent un miroir à celles qu’elle a avec sa propre mère, soixante-huitarde qui a toujours refusé de lui révéler le nom de son père. Des relations névrotiques, porteuses de souffrance. Des relations d’attraction et de répulsion. D’amour et de haine. De jalousie aussi. Le passage où Yaël réagit de manière épidermique quand sa mère séduit son compagnon vaut son pesant de cacahuètes. A travers ses recherches, Yaël va apprendre à vivre par elle-même. Angelica, Yaël, deux manières de réagir face à ce lien si complexe qui lie une mère et sa fille.

 

La forme de journal intime, l’humour parfois désespéré dont fait preuve cette jeune femme quand elle dépeint sa vie intime, familiale et amicale font de ce roman un excellent divertissement, une gourmandise instructive et fraîche.

On sourit, on grince des dents, et on se reconnaît un peu dans les tribulations de cette jeune femme. Si Yaël ne sait pas écrire de chick-litt, Marianne Rubinstein en maîtrise les codes pour mieux les détourner et les utiliser en leur donnant de la profondeur. Après tout, avec comme point de départ une colocation avec un pote homo, une cousine plus jolie qui est la meilleure amie de l’héroïne, une histoire de coucherie avec un homme plus jeune, on pouvait craindre le pire !!

Et bien rassurez-vous, le pire n’arrive pas !! Le journal de Yaël Koppman est un excellent moment de lecture et de légèreté ! Qui vous apprendra en plus comment appliquer l es théories économiques au partage des tâches !

 

 

Les avis de Florinette, Yue Yin, Choupynette, Lou, ... 

 
Marianne Rubinstein, Le journal de Yaël Koppmann, Sabine Wespieser, 217 p., 2007

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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Vendredi 9 mai 2008

En guise de préambule à ce petit laïus, je tiens à préciser une chose ! Tout est de la faute de Stéphanie !! Si, si, je te jure Delphine ! Ne me tape pas ! Tu sais aussi bien que moi que quand elle a l’œil qui pétille comme ça en parlant d’un roman, il est impossible de résister ! Et le fiat qu’il s’agisse du roman de cette jeune auteure que nous connaissons n’a rien fait pour arranger mes affaires ! Et puis tu n’étais pas là pour me retenir. J’ai donc lamentablement cédé pendant une visite (presque) due au hasard dans ce temple de la tentation à devanture bleue et jaune. Saint-Michel a beau terrasser le dragon pas très loin, en ce qui me concerne, l’hydre romanesque a eu raison de mes faibles forces !

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à notre pierre philosophale puisque c’est de cela dont il va être question !

 

Dans son manoir perdu au cœur de l’Angleterre de 1860, Cassandra  Jamiston s’ennuie ferme. La vie honnête et vertueuse qu’elle a choisi quelques années auparavant lui pèse bien plus que ce qu’elle n’en laisse paraître. Mais chassez le naturel et il reviendra au galop. Cassandra est rattrapée par l’aventure et le danger le jour où elle reçoit de la part de son vieil ami Thomas Ferguson mort assassiné un mystérieux objet. Le Triangle de la Terre, première étape dans la quête de la Pierre Philosophale. C’est le départ d’une quête sur les traces de cet objet mystérieux que convoite également une mystérieuse organisation criminelle, Le cercle du Phénix.

 

Classique me direz-vous à la lecture de ce piètre résumé. Certes. Un Dan Brown en jupon. Que nenni. Une énième variation sur ce thème rebattu. Détrompez-vous !

Déjà, et premier point important, ce roman est bien écrit : un style fluide et agréable à lire. C'est parfois très graphique: on a devant les yeux en image les décors qui sont en train d'être décrits, les ambiances, les personnages. Je ne sais pas vous, mais moi, j'aime quand on me donne une passerelle entre mots et images sans pour autant fermer les portes de mon imagination!
Ensuite et deuxième point important : il y a des beaux gosses qui ne sont pas tous forcément ce qu’ils paraissent. En tout cas, il y a du potentiel dans ces pages et de quoi rêver un brin pour toute midinette qui se respecte ! Sans compter avec les fortes femmes, les domestiques stylés et tout ce qu’il faut !

Le troisième point important est qu’avec tout cela, notre Carolyn Grey prend des chemins détournés qui laissent pantois ! On ne voulait pas y croire ? Et bien si, elle l’a fait !

Quand au quatrième : et bien on se laisse prendre aux multiples rebondissements de l’affaire ! Je suis restée rivée aux pages, sirotant une boisson bien connue du sud pour laquelle je ne ferais pas de publicité puisque son abus est déconseillé d’un air totalement absent (« quoi, j’ai déjà terminé mon verre ? ») tout en grignotant un repas bien moins élaboré qu’à l’ordinaire (c’est dire) ! Et j’ai poussé un grognement à la dernière page (« Nyéééééé, la suite ») !

Il y a du rythme, et si l’on peut parfois avoir un peu l’impression de se perdre dans les explications concernant l’alchimie, tout ce qui est dit semble fort solide et se révèle utile pour la suite de l’affaire ce qui est des plus agréables. Les fait les plus improbables, le « surnaturel » ajoutent du piquant !


Carolyn Grey a pris Indiana Jones, des jupons, la pierre philosophale, un petit morceau de Benjamin Gates, un cadre historique, le meilleur des romans d'aventure, a rajouté son grain de sel et de folie, sa plume, soigneusement mélangé pour obtenir un résultat bien a elle et rien qu'à elle!

Une lecture des plus sympathique vous l’aurez compris, que je conseille fort ! Aucun regret d’avoir craqué ! Maintenant, il va falloir que je fasse dédicacer mon exemplaire !

 

L’avis de Stéphanie (souvenez-vous, c'est de sa faute), le blog de l’auteur pour prolonger le plaisir!

 

Carolyn Grey, Le cercle du Phénix, Flammarion, 2008, 443 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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Lundi 21 avril 2008

En voyant au cinéma Rocky 3, Lise décide soudainement de changer de vie. Pour commencer, elle va reprendre ses études de médecine, quitter son compagnon et construire une vie amoureuse et familiale. Toujours en s’inspirant des films de Stallone qu’elle ne manque jamais d’aller voir. Quitte à ne pas les voir en entier, ou à ne faire que payer sa place, faute d’avoir le temps d’aller les voir.

Mais petit à petit, le soutien ne devient-il pas plutôt obsession ?

 

En quelques pages, Emanuele Bernheim raconte toute une vie à travers la filmographie de Stallone. Et ça fonctionne. En ce qui me concerne, ce n’est sans nul doute pas un roman qui restera dans les annales, mais la lecture en est agréable et plutôt intéressante. Car l’histoire de Lise montre qu’il suffit d’un rien pour qu’une vie bascule, dans quelque sens que ce soit.

Elle montre aussi que nous avons tous besoin de béquilles pour avancer. Et que nous avons tous les béquilles que nous pouvons ! Le tout servi par un style qui va à l’essentiel.

Une curiosité qui donnerait presque envie de revoir quelques petits films stalloniens!

Emanuele Bernheim, Stallone, Gallimard, 2000, 52 p.

 

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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Lundi 31 mars 2008

 

Céline parle trois langues, lit, vit intensément son amitié avec Anatolis son vieux voisin mourant, avec les deux enfants que parfois elle garde. Céline est garde-barrière. Céline attend désespérément son chevalier, ce soldat perdu qui lui a fait un enfant, une nuit d’amour intense. Mais Céline est grosse, grosse de sa solitude, de sa souffrance, de ses amours perdues. Trop grosse et différente pour ceux qui l’entourent et que dérangent sa trop grande liberté.

 

Avec ce roman touchant, Françoise Lefèvre donne à connaître à ses lecteurs à la fois l’infinie noirceur du monde et l’infini bonté qui peu habiter les être.

Le destin de cette femme fait l’effet d’un coup dans le ventre. Parce qu’elle est différente, parce qu’elle n’a pas les manières qu’il faut pour se fondre dans la communauté, elle est regardée de travers, détestée, harcelée parfois. Les bonnes gens critiquent son poids, sa manière de vivre, son isolement, ses amitiés. Critiquent le fait qu’elle se contente de ce qu’elle a, de vivre pleinement ce que les jours et la nature lui apportent. De savoir trouver le bonheur dans les petites choses de la vie. Un oiseau qui chante, une ruche, une odeur, le rire d’un enfant…

« Pensez donc… Quand on n’a pas d’argent, on n’achète pas de lard pour les oiseaux…Non mais !... Et regardez-moi cet air !...Cette robe d’un autre siècle…Ces cheveux longs jusqu’au bas des fesses… Une femme ne sort pas comme ça…En cheveux ! »

Pourtant, il n’y a pas de quoi la critiquer Céline. Elle essaie de survivre à la perte de son  amour, aux souvenirs de la guerre, à la mort de son enfant. Mais sa souffrance ne suffit pas. On frappe les hommes à terre… Alors les femmes… Et il est tellement facile de piétiner ce qui fait le bonheur des autres, de leur refuser le peu d’amour dont ils ont besoin et qu’ils demandent.

Pages après pages, les derniers moments de bonheur s’égrènent. La noirceur gagne. La mauvaiseté prend le pas sur l’amour. Bien sûr, il y a quelques raccourcis, quelques facilités, quelques clichés. Mais il est impossible de s’arracher à cette femme.

C’est une histoire triste que celle de Céline. Une histoire qui se termine mal. Une histoire racontée avec des phrases courtes, dures, poétiques. Une histoire qui trotte longtemps dans la tête la dernière page tournée.

 

 « Cette joie grave de reine déchue qui se souvient d’un royaume, à moins que ce ne soit d’un amour. A moins qu’après avoir tout perdu, elle ne reste là, au bord de la route avec sa capacité d’aimer encore et toujours. Sans attendre de retour. Aimer jusqu’à l’égrènement des secondes. La pluie fine sur les pavés du jardin. La lumière. Cet engrangement de lumière dans la mémoire qui fait naître la mélancolie. Même cette mélancolie devient source de joie et fait croiser les mains sur la poitrine comme s’il y avait là encore un enfant. Un enfant. Un amour. Le corps astral de l’amour qui vous accompagne, vous enveloppe et danse parfois autour de vous de cette danse invisible pour les autres. Alors oui, même cette mélancolie peut se transformer en joie puisqu’elle est comme une gerbe de foudre et cela s’appelle l’absence. Et l’on sait que l’absence grossit dans la poitrine, fait le cœur énorme et qu’on la porte en plus de son propre poids. Elle est partout, remplit tout. On aime autrement. On aime la chose infiniment petite. On pardonne au ciel trop grand. » 

 Les avis d'AnneFlorinettePraline, Flo.
 

Françoise Lefèvre, La grosse, Babel, 2000, 108 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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Samedi 22 mars 2008

romecouv.jpgMeaume le graveur est né en 1617, a été apprenti à Paris, Toulouse, Bruges, a aimé à la folie, a été défiguré à l'eau-forte, s'est réfugié en Italie. Une vie bien remplie pour un artiste hors du commun.

Ce court roman a été Grand prix de l'Académie française en 2000. Il retrace en courts chapitres, sans unité de temps, de lieu, le parcours d'un eau-fortier, un graveur. Par petites touches, en commentant les amours, les choix de son personnage comme ses œuvres, Pascal Quignard essaie de peindre son portrait tout en ombres, les ombres portées par l'amour perdu, la trahison de la femme tant aimée.

Pour tout dire, j'ai trouvé et le style et le propos de ce roman lassants.

Passant du coq à l'âne, commentant des œuvres dont on ne peut avoir que le commencement d'une idée, sombrant parfois dans des digressions philosophiques sur le sens de la vie et de l'amour, Pascal Quignard, loin d'atteindre au cœur de la personnalité et de la vie de Meaume perd son lecteur.

La langue difficile d'accès, souvent confuse et lourde, accentue l'impression de pesanteur. On ne sait jamais si l'on est dans l'interprétation, ou dans la description.

Pourtant, l'histoire de cet homme aurait pu être passionnante, la description du monde des graveurs et des techniques de gravure fascinante. Pourtant, ce personnage d'artiste habité par son art, tentant de dévoiler le monde aux yeux des vivants aurait pu être profond. Mais il n'y a rien. Pas de souffle romanesque, pas de vie. Juste un ennui profond. Même dans des scènes de sexe et de violence au contenu pourtant fort.

Bref, une lecture difficile dont je ne suis venue à bout que parce qu'elle était inscrite sur la liste de mon challenge 2008. Et un premier contact avec Pascal Quignard qui ne me donne guère envie de me pencher sur le restant de son travail !

L'avis de Katell grâce à qui vous trouverez d'autres avis!! Suivez les petits cailloux!

 


Pascal Quignard, Terrasse à Rome, Folio, 2005, 128 p.

par Chiffonnette publié dans : Littératures françaises
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