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Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!

Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:

leterrierdechiffonnette@
gmail.com


Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!


Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel
  
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Jeudi 8 novembre 2007

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Encore adolescent Sépha a quitté l’Ethiopie. Bien des années plus tard, il tient une petite épicerie dans une banlieue pauvre de Washington. Entre son oncle, ses amis il tente vaille que vaille de survivre et de se reconstruire. Mais les temps changent, et le quartier voit arriver peu à peu des familles plus aisées. C’est ainsi qu’entrent dans la vie de Sépha Judith la blanche et sa petite fille métisse Naomi. Entre l’homme blessé et l’enfant va naître une amitié étrange, fragile et destructrice.
 
C’est un roman que je voulais lire depuis un certain temps déjà. Les critiques que j’avais pu lire à son sujet, les présentations passionnées des libraires m’avaient plus que convaincue. J’oscillais donc entre la volonté de ne pas augmenter ma PAL et une envie croissante ! Finalement l’honneur est sauf puisque j’ai pu emprunter l’ouvrage incriminé en bibliothèque ! Enfin, l’honneur est sauf… Maintenant que je l’ai lu, j’ai la ferme intention de lui faire intégrer ma bibliothèque personnelle ! Qu'Emeraude me pardonne, ce n'est pas encore une lecture légère!
 
Dinaw Mengestu réussit là un très beau premier roman, maîtrisé, mature, profond.
C’est l’exil et le déracinement qui sont au cœur de son œuvre.
« De fait, je n’étais pas venu en Amérique pour trouver une vie meilleure. J’étais arrivé en courant et en hurlant avec les fantômes d’une ancienne vie attachée à mon dos. Mon objectif, depuis lors, avait toujours été simple : durer, sans être remarqué, jour après jour, et ne plus faire de mal à qui que ce soit. »
A travers ses personnages Dinaw Mengestu montre sans didactisme, sans lourdeurs que les noirs américains forment une communauté diverse, que ceux que nous réunissons sous une même dénomination, par facilité sont comme le continent dont ils sont originaires : divers. Sépha est éthiopien, ses amis son congolais kenyans. D’autres dans le quartier sont descendants d’esclaves, d’autres encore viennent d’autres pays d’Afrique. Tous essaient de survivre, de gagner une place, et de vivre entre le souvenir du pays, les traditions et ce grand pays qui les accueille sans pour autant leur faire de cadeau.
En écoutant Sépha dérouler ses souvenirs, on découvre toutes les phases par lesquelles passe un immigrant : le déni, la volonté de croire en un retour possible, l’acceptation et l’espoir d’une vie nouvelle et peut-être meilleure, l’acceptation et la déception, l’acceptation et l’amertume. L’isolement aussi de celui qui a choisit de tracer son chemin hors de la communauté reconstituée. « La vie, ici, est aussi proche que possible de la vie au pays, ce qui est précisément la raison pour laquelle je suis parti au bout de deux ans et celle pour laquelle mon oncle est resté. » Entre un monde idéalisé et autarcique et la confrontation entre le monde extérieur, deux choix de vie, deux échecs finalement. Comment ne pas se perdre quand on a perdu tout ce que l’on connaissait ? Comment retrouver du sens ?
« Que disait toujours mon père, déjà ? Qu’un oiseau coincé entre deux branches se fait mordre les ailes. Père, j’aimerais ajouter mon propre adage à ta liste : un homme coincé entre deux monde vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. »
Ces questions, Dinaw Mengestu n’y répond pas. Il se contente de montrer Sépha se débattre dans ses contradictions, ses espoirs déçus et ses souvenirs. Et les amis de Sépha faire de même et tenter de se détacher d’un monde qui vire à l’absurde.
«  Tout est magnifique avec toi.
-         Pas tout.
-         Mais presque tout, bordel.
-         Il suffit d’avoir la bonne perspective.
-         Qui est ?
-         L’indifférence. Il faut que tu saches que rien de tout cela ne va durer. Et après, il faut t’en foutre.
-         Et après, le monde devient magnifique ?
-         Non, il devient ridicule. Ce qui est assez proche pour moi. »
 
Lorsque Sépha croise le chemin de Judith et Naomi, c’est pour lui l’espoir d’un lien possible, l’espoir de briser la solitude, de s’attacher enfin. Un espoir insensé tant le fossé qui le sépare d’elles deux est profond. Un bref moment de bonheur, de répit avant que le monde ne les rattrape tous les trois
Une Amérique qui peine à faire se côtoyer riches et pauvres, où les tensions sociales, raciales, la méfiance mènent aux drames. Où si l’on sort un jour de l’enfer, comme Dante à qui est dû le titre du roman, on découvre les belles choses que porte le ciel sans toujours pouvoir les atteindre.
 
On découvre aussi le drame d’un continent déchiré : Sépha et ses deux mais ont un jeu cruel autour des dictateurs et des coups d’Etat, un jeu qui dure encore et toujours tant sa matière semble inépuisable et inépuisable les morts et le sang qui coule. Tous ont eu leur lot d’horreur et de drame, mais plutôt que d’en parler, ils discutent des heures durant des secousses politiques qui agitent l’Afrique. « Nous avions toujours été plus à l’aise avec les tragédies du monde qu’avec les autres. Coups d’Etat, enfants soldats, famines, tout cela faisant partie du même lot de chagrins permanents que nous évoquions sans cesse, afin d’éviter nos propres frustrations et les déceptions causées par la vie. »
 
C’est un roman au contenu tellement riche que je n’ai même plus envie de parler des quelques petites choses qui m’ont dérangées… Si peu de choses comparé à la qualité du récit : l’alternance temporelle un peu difficile à suivre, quelques petites longueurs. Une belle lecture qui m’a touchée par ses personnages pétris de contradictions, vivant entre deux mondes et incapables d’en sortir.

Dinaw Mengestu, Les belles choses que porte le ciel, Albin Michel, 2007, 303 p.
par Chiffonnette publié dans : Coups de coeur
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Dimanche 1 juillet 2007

Ekwerkwe en avait parlé avec talent, me filant l'envie monstre d'aller y voir de plus près. Ce que j'ai fait et ce que je ne regrette absolument pas après avoir lu ce petit bijou. Mon avis est assez proche du sien en fait! Voilà un exemple de ce que la science-fiction peut produire de meilleur. Un roman intelligent, profond, prenant et passionnant, profondément humaniste, terrifiant et drôle.

Dans un univers (far far away) et un temps indéterminé, l'espèce humaine a essaimé en quatre peuples à l'instigation de mystérieuses créatures, les AnimauxVilles. Pensantes, intelligentes, machiavéliques même, elles ont provoqué la dispersion qui a sauvé l'humanité de la destruction pure et simple. Depuis, chaque rameau a évolué en autant de cultures, de modes de vie, de systèmes politiques. S'ils ne se font pas la guerre, chacun reste dans son coin d'univers, se regardant avec méfiance, et mépris.  Forts de leur ignorance de l'altérité comme de l'univers qui les entourent. Pourtant tout va changer. Les tentations expansionnistes des uns, la volonté d'immortalité des autres, le désir d'infini des AnimauxVilles vont changer la donne. La rupture viendra avec la mort d'une étoile. La tradition veut en effet qu'en ce moment rare, l'humanité se réunisse. Une occasion de se découvrir, d'enfin se parler et d'aller au-delà des différences. Sauf que l'enjeu de ces retrouvailles, les deuxièmes depuis la dispersion est tout autre. C'est le devenir d'un univers transformé en prison qui va se jouer.

C'est un bien pâle résumé de l'intrigue que je vous fais là! J'ai beau avoir lutté un bon moment, je n'arrive pas à rendre la richesse de l'ensemble. Et puis je n'en ai pas envie, ce serait trahir la surprise et le plaisir de découvrir (na)!

C'est magistral. Remarquablement écrit. Je ne connais pas Ayerdhal et Dunyach, mais j'ai été incapable de perçevoir le moment où la plume changeait de mains. Sans doute parce qu'avec quatre années d'écriture et réécriture, ils ont eu le temps de brouiller les pistes! Ceci dit, cette collaboration explique sans doute que leurs descriptions de chacun des quatre peuples humains soient aussi fouillées. A chaque peuple son ou ses représentants, et l'occasion, à travers la présentation de ces personnages, de brosser, petits bouts par petits bouts un tableau complet de chaque société et système politique en présence, de chaque lien diplomatique et de chaque complot. Car il ne faut pas s'y tromper. La dispersion n'a en rien rendu l'humain plus sage. La volonté de puissance, la soif de pouvoir et de domination sont toujours inhérentes à la nature humaine. Le machiavélisme est loin d'être mort. Etoiles mourantes est une belle réflexion sur le politique et sur différents modes d'organisation des sociétés. Anarchie, tyrannie, oligarchie, démocratie aussi sous une drôle de forme, tout y passe. Et les auteurs ne sont pas tendres, dénonçant à cette occasion ce qui doit et peut l'être dans nos société hic et nunc. Les développements technologiques qu'ils inventent (à partir de travaux actuels toujours) ne servent finalement qu'à permettre de pousser chaque logique, chaque peuple dns ses retranchements. Un beau procédé, même si du coup certains paragraphes ou dialogues deviennent un peu abscons.

Au-delà ce cet aspect, Etoiles mourantes est aussi un texte magnifique sur le racisme. Alors bien sûr certaines dénonciations et certains appels à la tolérances sont un peu faciles. Mais le nécessaire est abordé et traité. Chaque rameau se sent plus humain que les autres, rabaisse celui qui est différent au rang de mutant, de menace, voire d'animal. Même ceux qui se veulent ouverts et tolérants sont en butte à une xénophobie profondément ancrée en eux, une xénophobie qui est un peu le premier pas vers le racisme pur et simple. C'est ce que j'ai trouvé intéressant, cette manière de montrer qu'il n'est pas si facile d'accepter l'autre même lorsqu'on le veut, cette manière aussi de sous-entendre avec raison que la xénophobie et le racisme, s'ils sont liés, ne sont pas tout à fait la même chose. Et que finalement, la confrontation à l'altérité, si elle est douleur, peut parfois mener à l'acceptation.

Rajoutez-y un brin de métaphysique, quelques pincées de relations familales, une louche re propos sur la mort et l'immortalité, un dénouement assez estomacant et des persectives vertigineuses, et vous aurez l'explication de ma soudaine verve passionnée et de mes développements un peu mais pas trop) bavards.

A lire. Moi, je file me l'acheter pour retrouver quand cela me chantera les AnimauxVilles.

Ayerdhal et Dunyach, Etoiles mourantes, J'ai lu, coll. Millénaires, 1999, 537 p.

par Chiffonnette publié dans : Coups de coeur
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Jeudi 10 mai 2007
Au commencement était La Sève et le Givre, au commencement de ma découverte de l’œuvre de Léa Silhol en tout cas. J’en garde un souvenir fort, celui d’avoir été happée, gardée et changée par cette écriture, par cette histoire si vieille, déjà si racontée et pourtant nouvelle.
 
« Trois fois les Parques ont parlé, et en accord avec leurs prophéties de ruine, Finstern, Roi de la Cour unseelie de Dorcha, doit mourir. Sauf si... Comme une dernière chance, ou un danger supplémentaire, des puissances contraires mettent au monde Angharad, née du printemps et de l'hiver, de l'élan et de la mort. Elle peut contrecarrer le destin de Finstern, ou le précipiter, et s'avance sur l'échiquier en Reine Blanche, porteuse du pouvoir de trancher entre des myriades d'intérêts divergents. Mais sans savoir quel est son destin, ni le prix qu'elle devrait payer pour écarter Finstern du sien. Au cœur des affrontements entre les fées d'Ombre et de Lumière, les Fatalités et les anciens dieux, Angharad cherche une voie qui lui soit propre, chacune de ses décisions engageant à la fois l'équilibre de la Féerie, et des Terres de Mortalité... » (présentation de l’éditeur)
 
Ce n’est pas à une simple romance qu’invite Léa Silhol, mais à une chanson de geste traversée par un souffle qui n’est qu’à elle. Dans son roman, l’amour rime avec souffrance, fuite, affrontement, guerre. Rien de tranquille ou de doux. Un romantisme à l’état pur, une poésie brute, loin de l’eau de rose que j’exècre. J’ai aimé ces personnages rigides, entiers, et pourtant non exempts de failles. J’ai aimé ces cours d’Ombre et de Lumière, ces rites et ces peurs ancestrales. J’ai aimé cette dialectique du choix et du renoncement, de la liberté et de la soumission. Et j’ai aimé, par-dessus tout cet art de faire revivre des légendes, des mythes, des contes, et toute une tradition.
La plume de cet auteur est tout bonnement fabuleuse, et je pèse mes mots. Ciselée comme au couteau, brillante, précise. Je ne m’en lasse pas et ce n’est pas faute de lire et relire ses phrases !
Ce n’est pas pour rien qu’elle est nommée la Tisseuse. Car c’est bien une toile qu’elle tisse par petits bouts, qu’elle créée à partir de matériaux existants, les transformant à sa guise au gré de son talent. C’est ce que me souffle la suite de La Sève et le Givre.
La Glace et la Nuit, opus 1 – Nigredo confirme tout le bien que je pense et dit de cet auteur.
 
« Le vent a soufflé sur le Royaume... En Hiver, la Reine des Neiges déchiffre la Trame du Temps et voit venir les jours derniers, la fin de tous les Chants. Elle confie à l'un des membres les plus inattendus de la Cour Froide une mission capitale, porteuse de tous ses espoirs : retrouver Angharad, Dame de la Sève et du Givre, qui a quitté les Dix-Neuf Royaumes depuis deux cents années mortelles. La retrouver, la ramener, telle est la mission de Kelis, le barde incertain qui connaît si peu le monde. Un acte désespéré, dont tout dépend. Et Kelis, fou blanc, s'avance sur l'échiquier de sa souveraine, sans se douter qu'il va entraîner, à chacun de ses pas, le plus grand changement qu'ait connu la Féerie. S'avance, tandis que le temps coule comme de l'eau... À travers les pièges des fiefs d'Ombre. Les envoûtements de Nicnevin. Les chasses unseelie et les jeux de Lumière. Les plans des Monarques des Trois Clartés. Les alliances avec les dieux étrangers. Les épées élevées des Nishven et l'art antique des filidh. Les routes à créer et les héritages à accepter. Sur les pas d'Angharad et Finstern, jusque dans leur volontaire exil. Vers la fracture des Cours, la guerre contre la Mortalité, et vers la promesse de la plus périlleuse des Cours. Vers l'espoir de Seuil. C'est dans la conquête des passages et des clefs, et sous l'égide des anciens Trésors des Tuatha de Danann, que commence à se tisser le deuxième chant majeur du monde de Vertigen. » (présentation de l’éditeur)
 
On passe d’un roman à un autre par une transition tout bonnement époustouflante. Dès les premières page, je me suis sentie tomber, passer la frontière entre le monde réel et celui des faes. Le talent est toujours là. De nouveaux personnages sont introduits, les caractères de ceux que nous connaissions déjà sont approfondis. Des liens se tissent avec Musiques de la Frontières, et d’autres nouvelles encore. Très franchement, j’ai le cerveau en ébullition. C’est fascinant de voir ce monde, cet univers en train de se construire. Et de constater que la construction de ce monde offre, outre la magie, des réflexions, des échos avec le monde "réel".
La Glace et la Nuit est sans doute plus abordable que La Sève et le Givre. Par son écriture. Plus d’action, des personnages plus abordables aussi. Même Angahrad et Finstern, par leur amour vécu dans le quotidien comme le combat nous deviennent plus proches. Pas plus humains, car cela n’est guère possible de ce côté du miroir, mais plus proches. J’ai eu du mal à les quitter, eux, et aussi Kelis le Fili et Elzeriad, et Echaion, et les autres.Quand aux rebondissements de l’histoire, j’en ai eu le souffle coupé !
Je ne repartirai pas dans une antienne consistant à comparer la dame à Tolkien. Mieux, moins bien, meilleur, etc. Ce serait lui faire injure, et faire injure à deux œuvres très différentes. Mais dans mon cœur, elles sont très, très, très proches, par le bonheur et le plaisir qu’elles m’ont apporté, par la magie qu’elles ont infusé dans mon quotidien. C'est tout dire.
Certains disent que ces deux œuvres peuvent se lire indépendamment. Sans doute. Mais pour apprécier réellement La Glace et la Nuit, il faut avoir savouré La Sève et le Givre.
 
Pour terminer avec ces mots qui ne peuvent que médiocrement traduire mon enchantement, ces quelques lignes à savourer :
« Entre les Cours, entre les certitudes, de ce que le Peuple nomme Le Royaume, il y a des zones franches, des zones mortes, tissées de promesses, d’annonciations, et d’hypothèses. Des Interstices. Se tenir là, c’est être suspendu éternellement dans l’espace bref du passage. C’est contempler à l’infini ses propres choix. Se tenir là, comme à présent je m’y tiens. Le conte de la Dame de la Sève et du Givre et du Seigneur de la Haute Nuit est aussi long que le monde. Avec le monde il naquit, et si la création devait s’engloutir, je le crois, même, capable d’y survivre. De perpétuer le Chant après que toutes les voix se soient éteintes. Au-delà de la chair périssable, les piliers de notre univers demeurent : la main des Saisons est lourde sur l’écorce des sphères ; la Nuit a été, avant même l’avènement de la lumière. Pour ce chant, il y a eu avant moi des bardes. Il y aura après moi des bardes. Il y a eu, il y a, il y aura toujours, un Fili pour le poursuivre. »
 
Miss Meor parle aussi et Sneed également . Pour la Sève et le Givre en des terres qui me sont plus familières, chez Lhisbei et Chimère.
Pour le site officiel de la Tisseuse, le chemin est le suivant: http://www.unseelie.net/
 
La Sève et le Givre, Léa Silhol, l'Oxymore, coll. Moirages, 2002, 281 p.
La Glace et la Nuit, t. 1 Nigredo, Léa Silhol, Les moutons électriques, 2007, 372 p.
par Chiffonnette publié dans : Coups de coeur
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Lundi 7 mai 2007

Et bien je dois remercier Cunéipage de m'avoir donné l'envie de me lancer dans ce merveilleux roman. Il est presque impossible de le résumer tant il est dense et riche. On suit sur une soixantaine d'année l'histoire de la famille Strom. Une histoire marquée par un amour fou et ses conséquences pour des enfants ni blancs ni noirs dans une Amérique à l'heure de l'appartheid, du Dr King et des Black Panthers. C'est une belle famille qui est décrite, unie, désunie, brisée et souffrante, mais toujours vivante malgré son caractére improbable et les difficultés qu'elle rencontre. Les deux frères et la soeur Strom illustrent tout ce que l'on peut illustrer en fait de relations fraternelles. Un amour fort et dur qui prend aux tripes et dans lequel on peut se reconnaître. Quand à leurs parents... C'est juste beau et poignant. S'y ajoute le racisme, l'identité et la recherche d'identité. L'ensemble du roman est porté par un amour fou de la musique, un amour qui irrigue chaque parcelle de l'existence des personnages, dans toutes les circonstances, jusqu'à la folie. J'en sors au-delà des mots et de l'émotion avec l'envie rivée au corps de réécouter ces oeuvres. Impossible d'aborder tout le reste, et pourtant, il y aurait de quoi en écrire des pages et des pages, difficile de faire passer l'émerveillement ressenti devant cette plume et devant cette créativité. Sans mièvrerie, sans misérabilisme, Richard Powers signe un grand roman sur l'Amérique de la deuxième moitié du 20e siècle.

" L'oiseau et le poison peuvent faire un poiseau. Le poisson et l'oiseau peuvent faire un oisson. Il psalmodie ce mots, les scande sur un rythme qui galope désespérément. Un continent émerge. Des notes syncopées dans le temps. Tout ce qu'il veut, c'est continuer à jouer. Toutes les combinaisons possibles. Qu'il continue de chanter jusqu'à exister, et mettre ainsi en route mon morceau, ma chanson."

Et aussi les avis de Papillon, Chimère, qui ne sont certes pas les seules à en avoir parlé avec talent. Pardon à ceux et celles que je n'ai pas eu le temps d'ajouter à la liste.

Richard Powers, Le temps où nous chantions, Le Cherche Midi, coll. LOT49, 2006, 762 p.

par Chiffonnette publié dans : Coups de coeur
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Jeudi 5 avril 2007
Coup de cœur. Cet album est une pure merveille et un bel OBNI (objet bédéphorme non identifié). Un père de famille part un jour vers une mystérieuse destination pour continuer à nourrir les siens.
C’est une remarquable fable sur l’immigration, rendue universelle par le monde onirique qu’invente l’auteur et par l’absence de parole. C’est en effet une des principales caractéristiques de cette œuvre : pas de bulles ! L’exercice était casse-gueule mais on peut reconnaître à Shaun Tan sa maîtrise de la narration. Et un talent immense pour l’illustration. Certaines des planches laissent muet d’admiration. J’en suis restée baba et toute émotionnée!
En plus de ça, pas de pessimisme, pas de drame, juste l’espoir. Tout est bien qui finit bien, ce qui permet de s’évader un petit peu d’un monde où les expulsions commencent à la sortie des écoles. Le tout sans démonstration pesante : le lecteur doit deviner, ressentir. Et c’est là une des principales forces de cet album : la moindre vignette est un monde en elle-même.
 
Là où vont nos pères, Shaun Tan, Dargaud, Long courrier, 2007.
par Chiffonnette publié dans : Coups de coeur
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