Dinaw Mengestu, Les belles choses que porte le ciel, Albin Michel, 2007, 303 p.
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"Quand le soleil luit, la Chiffonnette s'épanouit"
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Il manquait une cuisine au terrier... Quelques travaux préparatoires et la voilà en ligne: dorénavant toutes les recettes élaborées
avec mes petites mimines se trouveront à la cuisine du Terrier!
Pour entrer en contact avec le terrier, une adresse:
leterrierdechiffonnette@
gmail.com
Après un bon boulot, j'ai la joie de vous annoncer qu'à la rubrique "La carte du terrier" vous trouverez l'index des auteurs et des titres lus avec lien vers les articles concernés, un index des
recettes, et non seulement ma PAL, mais aussi la liste des titres que j'ai retenus pour mon challenge ABC 2008!
Et oui mesdames et messieurs! Après moults galères (il n'y a pas que Fashion qui soit une cyberquiche) , il est là! Le blog officiel du Club des théières!!
Ekwerkwe en avait parlé avec talent, me filant l'envie monstre d'aller y voir de plus près. Ce que j'ai fait et ce que je ne regrette absolument pas après avoir lu ce petit bijou. Mon avis est assez proche du sien en fait! Voilà un exemple de ce que la science-fiction peut produire de meilleur. Un roman intelligent, profond, prenant et passionnant, profondément humaniste, terrifiant et drôle.
Dans un univers (far far away) et un temps indéterminé, l'espèce humaine a essaimé en quatre peuples à l'instigation de mystérieuses créatures, les AnimauxVilles. Pensantes, intelligentes, machiavéliques même, elles ont provoqué la dispersion qui a sauvé l'humanité de la destruction pure et simple. Depuis, chaque rameau a évolué en autant de cultures, de modes de vie, de systèmes politiques. S'ils ne se font pas la guerre, chacun reste dans son coin d'univers, se regardant avec méfiance, et mépris. Forts de leur ignorance de l'altérité comme de l'univers qui les entourent. Pourtant tout va changer. Les tentations expansionnistes des uns, la volonté d'immortalité des autres, le désir d'infini des AnimauxVilles vont changer la donne. La rupture viendra avec la mort d'une étoile. La tradition veut en effet qu'en ce moment rare, l'humanité se réunisse. Une occasion de se découvrir, d'enfin se parler et d'aller au-delà des différences. Sauf que l'enjeu de ces retrouvailles, les deuxièmes depuis la dispersion est tout autre. C'est le devenir d'un univers transformé en prison qui va se jouer.
C'est un bien pâle résumé de l'intrigue que je vous fais là! J'ai beau avoir lutté un bon moment, je n'arrive pas à rendre la richesse de l'ensemble. Et puis je n'en ai pas envie, ce serait trahir la surprise et le plaisir de découvrir (na)!
C'est magistral. Remarquablement écrit. Je ne connais pas Ayerdhal et Dunyach, mais j'ai été incapable de perçevoir le moment où la plume changeait de mains. Sans doute parce qu'avec quatre années d'écriture et réécriture, ils ont eu le temps de brouiller les pistes! Ceci dit, cette collaboration explique sans doute que leurs descriptions de chacun des quatre peuples humains soient aussi fouillées. A chaque peuple son ou ses représentants, et l'occasion, à travers la présentation de ces personnages, de brosser, petits bouts par petits bouts un tableau complet de chaque société et système politique en présence, de chaque lien diplomatique et de chaque complot. Car il ne faut pas s'y tromper. La dispersion n'a en rien rendu l'humain plus sage. La volonté de puissance, la soif de pouvoir et de domination sont toujours inhérentes à la nature humaine. Le machiavélisme est loin d'être mort. Etoiles mourantes est une belle réflexion sur le politique et sur différents modes d'organisation des sociétés. Anarchie, tyrannie, oligarchie, démocratie aussi sous une drôle de forme, tout y passe. Et les auteurs ne sont pas tendres, dénonçant à cette occasion ce qui doit et peut l'être dans nos société hic et nunc. Les développements technologiques qu'ils inventent (à partir de travaux actuels toujours) ne servent finalement qu'à permettre de pousser chaque logique, chaque peuple dns ses retranchements. Un beau procédé, même si du coup certains paragraphes ou dialogues deviennent un peu abscons.
Au-delà ce cet aspect, Etoiles mourantes est aussi un texte magnifique sur le racisme. Alors bien sûr certaines dénonciations et certains appels à la tolérances sont un peu faciles. Mais le nécessaire est abordé et traité. Chaque rameau se sent plus humain que les autres, rabaisse celui qui est différent au rang de mutant, de menace, voire d'animal. Même ceux qui se veulent ouverts et tolérants sont en butte à une xénophobie profondément ancrée en eux, une xénophobie qui est un peu le premier pas vers le racisme pur et simple. C'est ce que j'ai trouvé intéressant, cette manière de montrer qu'il n'est pas si facile d'accepter l'autre même lorsqu'on le veut, cette manière aussi de sous-entendre avec raison que la xénophobie et le racisme, s'ils sont liés, ne sont pas tout à fait la même chose. Et que finalement, la confrontation à l'altérité, si elle est douleur, peut parfois mener à l'acceptation.
Rajoutez-y un brin de métaphysique, quelques pincées de relations familales, une louche re propos sur la mort et l'immortalité, un dénouement assez estomacant et des persectives vertigineuses, et vous aurez l'explication de ma soudaine verve passionnée et de mes développements un peu mais pas trop) bavards.
A lire. Moi, je file me l'acheter pour retrouver quand cela me chantera les AnimauxVilles.
Ayerdhal et Dunyach, Etoiles mourantes, J'ai lu, coll. Millénaires, 1999, 537 p.
Au commencement était La Sève et le Givre, au commencement de ma découverte de l’œuvre de Léa Silhol en tout cas. J’en garde un souvenir fort, celui d’avoir été happée, gardée et changée par cette écriture, par cette histoire si vieille, déjà si racontée et pourtant nouvelle.
« Le vent a soufflé sur le Royaume... En Hiver, la Reine des Neiges déchiffre la Trame du Temps et voit venir les jours derniers, la fin de tous les Chants. Elle confie à l'un des membres les plus inattendus de la Cour Froide une mission capitale, porteuse de tous ses espoirs : retrouver Angharad, Dame de la Sève et du Givre, qui a quitté les Dix-Neuf Royaumes depuis deux cents années mortelles. La retrouver, la ramener, telle est la mission de Kelis, le barde incertain qui connaît si peu le monde. Un acte désespéré, dont tout dépend. Et Kelis, fou blanc, s'avance sur l'échiquier de sa souveraine, sans se douter qu'il va entraîner, à chacun de ses pas, le plus grand changement qu'ait connu la Féerie. S'avance, tandis que le temps coule comme de l'eau... À travers les pièges des fiefs d'Ombre. Les envoûtements de Nicnevin. Les chasses unseelie et les jeux de Lumière. Les plans des Monarques des Trois Clartés. Les alliances avec les dieux étrangers. Les épées élevées des Nishven et l'art antique des filidh. Les routes à créer et les héritages à accepter. Sur les pas d'Angharad et Finstern, jusque dans leur volontaire exil. Vers la fracture des Cours, la guerre contre la Mortalité, et vers la promesse de la plus périlleuse des Cours. Vers l'espoir de Seuil. C'est dans la conquête des passages et des clefs, et sous l'égide des anciens Trésors des Tuatha de Danann, que commence à se tisser le deuxième chant majeur du monde de Vertigen. » (présentation de l’éditeur)
Et bien je dois remercier Cunéipage de m'avoir donné l'envie de me lancer dans ce merveilleux roman. Il est presque impossible de le résumer tant il est dense et riche. On suit sur une soixantaine d'année l'histoire de la famille Strom. Une histoire marquée par un amour fou et ses conséquences pour des enfants ni blancs ni noirs dans une Amérique à l'heure de l'appartheid, du Dr King et des Black Panthers. C'est une belle famille qui est décrite, unie, désunie, brisée et souffrante, mais toujours vivante malgré son caractére improbable et les difficultés qu'elle rencontre. Les deux frères et la soeur Strom illustrent tout ce que l'on peut illustrer en fait de relations fraternelles. Un amour fort et dur qui prend aux tripes et dans lequel on peut se reconnaître. Quand à leurs parents... C'est juste beau et poignant. S'y ajoute le racisme, l'identité et la recherche d'identité. L'ensemble du roman est porté par un amour fou de la musique, un amour qui irrigue chaque parcelle de l'existence des personnages, dans toutes les circonstances, jusqu'à la folie. J'en sors au-delà des mots et de l'émotion avec l'envie rivée au corps de réécouter ces oeuvres. Impossible d'aborder tout le reste, et pourtant, il y aurait de quoi en écrire des pages et des pages, difficile de faire passer l'émerveillement ressenti devant cette plume et devant cette créativité. Sans mièvrerie, sans misérabilisme, Richard Powers signe un grand roman sur l'Amérique de la deuxième moitié du 20e siècle.
" L'oiseau et le poison peuvent faire un poiseau. Le poisson et l'oiseau peuvent faire un oisson. Il psalmodie ce mots, les scande sur un rythme qui galope désespérément. Un continent émerge. Des notes syncopées dans le temps. Tout ce qu'il veut, c'est continuer à jouer. Toutes les combinaisons possibles. Qu'il continue de chanter jusqu'à exister, et mettre ainsi en route mon morceau, ma chanson."
Et aussi les avis de Papillon, Chimère, qui ne sont certes pas les seules à en avoir parlé avec talent. Pardon à ceux et celles que je n'ai pas eu le temps d'ajouter à la liste.
Richard Powers, Le temps où nous chantions, Le Cherche Midi, coll. LOT49, 2006, 762 p.
Coup de cœur. Cet album est une pure merveille et un bel OBNI (objet bédéphorme non identifié). Un père de famille part un jour vers une mystérieuse destination pour continuer à nourrir les siens.
Papotons