Vous reprendrez bien un petit noeud de chanvre?
Bon, Papa Chiffon était enthousiaste, Maman Chiffon hilare rien que d'y repenser, et ce n'était pas la première fois que j'entendais parler de M. Jean Teulé. Du coup, j'ai attrapé Le magasin des suicides et l'ai ouvert. Quelques gloussements et éclats de rire plus tard, je peux affirmer que je ne regrette rien.
Dans un futur post-apocalyptique où l'acide sulfurique pleut et où l'Amérique n'est plus que cendres vitrifiées, M. et Mme Tuvache tiennent un magasin où les déséspérés peuvent trouver tout le nécessaire pour passer de vie à trépas. Leur slogan: Vous avez raté votre vie, avec nous vous ne raterez pas votre mort". Tout va pour le mieux jusqu'au jour où naît Alan, fruit du test d'un préservatif troué (spécial pour mourir d'une MST). Et Alan est bizarre: il sourit. Et il voit la vie en rose. Dès lors, c'est le début de la fin.
C'est tout simplement hilarant. Complétement absurde du début jusqu'à une fin qui fait se dresser les sourcils sur le front. Les Tuvache vendent du poison comme d'autres des boites de conserves et se veulent de bons commerçants. M. Tuvache en train de faire l'article d'un sabre et d'un kimono pour faire seppuku est un spectacle proprement fabuleux. Quand à son frère et sa soeur, entre l'anorexique psychopathe et la blonde ignorant son devastateur potentiel sexuel... C'est un magnifique remède anti-morosité. Face au monde et face à la joie du petit Alan, nos désespoir d'individus finalement bien lotis par la vie prennent un aspect dérisoire. Et quand ce n'est pas le cas, l'hymne à la beauté de la vie reprend le pas.
C'est court, c'est bien écrit, c'est facile à lire, c'est drôle, c'est bon pour le moral. Chaudement recommandé.
"Qu'est-ce que tu lis?
-Les statistiques de l'an dernier: un suicide toutes les quarante minutes, cent cinquante mille tentatives, douze mille morts. C'est énorme...
-Oui, c'est énorme le nombre de gens qui se loupent. Heureusement qu'on est là [...]"
Jean Teulé, Le magasin des suicides, Julliard, 2007, 157 p.